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Neurologie

Épilepsie

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Épilepsie

Description

La définition adoptée depuis 2005 par la Ligue Internationale Contre l’Épilepsie (ILAE), définit l’épilepsie comme étant caractérisé par une prédisposition cérébrale à générer des crises épileptiques dites non-provoquées et par les conséquences neurobiologiques, cognitives, psychologiques  et sociales de cette condition. 

« Il s’agit d’un problème d’électricité; et les crises représentantes un court-circuit »

Une crise épileptique est caractérisée par des signes et symptômes témoignant d’une activité excessive et anormale d’une population de neurones (principales cellules constituant le cerveau) : 

  • Cette activité peut être limitée à une partie du cerveau; elle est dite crise focal
  • Cette activité peut impliquer les deux hémisphères; elle est dite crise généralisée

Types de crises

Crises focales 

  • Aussi appelée « aura », la crise partielle simple peut-être précurseur d'une crise d'épilepsie plus grave (ex: crise tonico-clonique ou crise partielle complexe)
  • Durée: quelques secondes
  • Aucune perte de conscience, la personne reste éveillées et consciente
  • Apparition de sensations inhabituelles
  • Présentation variable selon la région du cerveau impliquée :

    • Secousses musculaires d'une partie du corps (ex.: jambe, bras)

    • Phénomènes sensitifs (ex.: visuels, olfactifs, gustatifs, auditives etc.)

    • Impressions particulières (ex.: déjà-vu ou déjà-vécu) 

 

Crise focale dyscognitives 

  • Altération de l’état de conscience

  • Durée moyenne: quelques secondes à deux minutes

  • La personne ne réagit pas, parait égarée, est incapable de parler et peut marmonner

  • Peut être accompagnée de mouvements involontaires ou semi-involontaires inappropriés à la situation, par exemple: la personne peut tirer sur ses vêtements, ramasser des objets, marcher sans but, agiter ses doigts, avoir l'air de chercher quelque chose etc.

  • La crise peut être suivie d'une assez longue période de confusion et de fatigue

  • Les mêmes actions se reproduisent généralement à chaque crise

 

Crises généralisées de type tonico-cloniques 

  • Début inattendu
  • Perte de conscience
  • Chute brutale si le patient est debout sur place, donc peut engendrer parfois des blessures plus ou moins graves. 
  • Elles se déroulent en 3 phases :
  1. Phase tonique: cri ou gémissement, chute et raidissement de l'ensemble des muscles du corps. La respiration est difficile en raison du raidissement des muscles du tronc et du manque d'oxygène, la peau peut prendre une couleur bleue ou grise.
  2. Phase clonique: convulsions et contraction de l'ensemble des muscles du corps. Il peut y avoir salivation abondante, morsure de la langue et perte de contrôle de la vessie et/ou de l'intestin.
  3. Phase de récupération: arrêt des convulsions et la respiration reprend un rythme normal. La personne reste inconsciente pendant quelques minutes. Il peut y avoir confusion, fatigue et maux de tête quelques minutes voir quelques heures après la crise.

 

Absence 

  • Altération de l'état de conscience
  • La personne fixe le vide
  • Peut souvent passer inaperçue, car la personne semble être dans la lune
  • À l'occasion, il peut y avoir clignement des paupières et révulsions des yeux
  • Accompagnée de très peu de mouvements
  • Si on lui parle, la personne ne répond pas
  • Touche souvent les enfants

Myoclonique

  • Aucune perte de conscience

  • Secousses musculaires brusques et intents d'une partie ou de l'ensemble du corps pouvant entrainer une chute

  • Les crises myocloniques peuvent survenir isolément ou en série

  • Associée à plusieurs formes distinctes d'épilepsie chez l'enfant ou l'adolescent

 

Clonique

  • Perte de conscience temporaire suivie de confusion

  • Secousses musculaires du corps

  • Perte de contrôle de la vessie et/ou de l'intestin

  • Apparition dès le jeune âge, avec le temps, les crises cloniques peuvent se transformer en crises tonico-cloniques

 

Tonique

  • Perte de conscience
  • Contractions musculaires de courte durée, mais non accompagnées de convulsions
  • Apparition durant l'enfance en général

 

Atonique 

  • Perte de conscience

  • Perte du tonus musculaire durant quelques secondes qui peut entrainer une chute soudaine

  • Apparition fréquente durant l'enfance

 

Inconnue

  • Spasmes épileptiques

Cause et prévention

Causes de l’épilepsie 

Il existe plusieurs causes à l’épilepsie :

  • Génétique (Déficience enzymatique)
  • Structurelle/métabolique (Malformation corticale, traumatisme cérébral, AVC ancien, tumeur cérébrale
  • Infectieux (méningites, encéphalites)
  • Auto-immune (Lupus érythémateux disséminé (LED)
  • Cause inconnue

Prévention des crises épileptiques 

Si vous êtes atteint d’épilepsie, vous pouvez réduire la fréquence de vos crises en :

  • Prenant les médicaments que votre médecin vous a prescrits; selon la posologie recommandée
  • Évitant la privation de sommeil
  • Évitant la fatigue extrême
  • Évitant la consommation excessive d’alcool 
  • Évitant la consommation de drogues
  • Consultant régulièrement votre médecin ou autre professionnel spécialisé en épilepsie
  • Consultant votre pharmacien lors de l’introduction d’une nouvelle médication sous ordonnance ou encore lors de la prise de médicaments en vente libre ou produits naturels

Médication

La prise d’un médicament anticonvulsivant permet de faire cesser complètement les crises chez la majorité des épileptiques. Si ce n’est pas le cas, elle peut à tout le moins réduire le nombre de crises, de même que leur intensité.

Habituellement, l’usage d’un seul médicament suffit. Cependant, on doit souvent essayer plusieurs médicaments avant de trouver celui qui convient. Les anticonvulsivants provoquent souvent de la fatigue, de la somnolence en début de traitement. Prenez le temps de discuter avec votre neurologue ou avec votre infirmière des effets secondaires et des mesures à prendre.
 

À savoir

  • La posologie doit être suivie afin d’obtenir une efficacité maximale et le moins d’effets indésirables possible.
  • Les anticonvulsivants ont un impact sur le métabolisme d’autres médicaments, comme les contraceptifs oraux et les anticoagulants. Parlez-en à votre médecin.
  • Certains anticonvulsivants augmentent l’élimination de la vitamine D, ce qui peut à long terme causer de l’ostéoporose. Un supplément de calcium et de vitamine D est habituellement prescrit afin de prévenir ce problème.
  • La prise de médicaments antiépileptiques doit être faite quotidiennement et idéalement à la même heure. L'arrêt ou la modification du traitement doit se faire sous la surveillance d'une équipe de neurologues.

 

Grossesse et épilepsie


Chez les femmes en âge de procréer, l’épileptique et l’utilisation des médicaments antiépileptiques imposent quelques précautions, tant pour la contraception qu’en ce qui concerne la préparation et le déroulement d’une grossesse. 

La grossesse constitue un projet que les futurs parents doivent prévoir avec le neurologue bien en amont de la phase de conception, de façon à préparer toutes les étapes thérapeutiques nécessaires. De l’acide folique doit être débutée 3 mois avant la conception et nous devons parfois faire des changements de médication antiépileptique plusieurs mois à l’avance. 

Il est donc important, pour toutes femmes en âge d’avoir des enfants, de discuter de grossesse et de contraception avec votre neurologue. 
 

Conseils de sécurité

Certaines activités nécessitent de la prudence lorsque l’on est atteint d’épilepsie :

 Il est important d’en discuter avec votre médecin

  • Activités en hauteur

  • Plongée sous-marine

  • Sports extrêmes

  • Baignade seul

  • Bain sans supervision

    Rappelez-vous que l’épilepsie diffère selon les personnes; votre médecin ou infirmière clinicienne verra à déterminer les mesures à prendre en fonction de vos besoins particuliers. Les informations sur internet ne sont pas toujours exactes; elles sont à valider avec votre équipe traitante!
     

    Premiers soins 

    Que faire si une personne a une crise sans convulsion (regard vague, confusion, absence de réaction, mouvements désordonnés)

  • Demeurer avec la personne. Laisser la crise suivre son cours. Parler calmement et expliquer aux personnes ce qui se passe.
  • Éloigner les objets dangereux.
  • NE PAS immobiliser la personne
  • Éloigner doucement la personne des dangers évidents ou de ce qui présenterait un risque
  • Après une crise, rassurer la personne. Demeurer avec elle jusqu’à ce qu’elle soit pleinement consciente de son environnement.
  • Que faire si une personne a une crise avec convulsion (raidissement des membres, chute, mouvements saccadés)

  • Demeurer calme. Laisser la crise suivre son cours.
  • Noter la durée de la crise.
  • Empêcher la personne de se blesser. Si nécessaire, aider la personne à s’étendre sur le sol. Enlever les objets dangereux  à proximité. Mettre un coussin sous la tête de la personne.
  • Relâcher le col ou les vêtements serrés. 
  • NE  PAS immobiliser la personne.
  • NE RIEN mettre dans sa bouche. Il est impossible d’avaler sa langue.
  • Tourner doucement la personne sur le côté tant que dure la crise. Ceci permettra l’évacuation de la salive ou d’autres liquides et libérera les voies respiratoires.
  • Après la crise, parler doucement à la personne pour la rassurer. Demeurer avec elle jusqu’à ce qu’elle soit pleinement consciente de son environnement. La personne pourra avoir besoin de se reposer ou de dormir.

Quand aviser le 911?


Appeler une ambulance

  • Lorsqu’une crise avec convulsion dure plus de 5 minutes
  • Lorsque la personne ne reprend pas connaissance ou que la confusion ne s’améliore pas de 15 minutes en 15 minutes après la crise
  • Lorsqu’une deuxième crise survient sans qu’il n’y ait eu retour à la normale après la première crise
  • Lorsque la personne est enceinte ou diabétique
  • Lorsque la crise cause des blessures ou encore si elle survient dans l’eau.

Quand contacter l’infirmière clinicienne?

  • Les crises d’épilepsie persistantes malgré la prise adéquate de la médication
  • L’augmentation de la fréquence ou de l’intensité des crises
  • Les effets secondaires intolérables ou persistants plus de deux semaines après le début d’une nouvelle médication ou un ajustement récent de posologie
  • La présence d’une éruption cutanée suite à la prise d’une nouvelle médication
  • Des questions reliées à la prise de la médication
  • Des questions reliées à l’épilepsie et à son traitement

SUDEP

SUDEP Sudden unexpected death in epilepsy 

La mort subite et inattendue dans l'épilepsie (SUDEP) est la principale cause de décès chez les personnes atteintes d'épilepsie chronique non contrôlée. Lors d’un SUDEP, on peut retrouver la personne épileptique inanimée au lit, avec des évidences d'une crise antérieure telle qu'une langue mordue et du sang sur l'oreiller, ou incontinence urinaire. La fréquence du SUDEP varie considérablement, allant de 0,09 à 2,3 pour 1000 patients par an.

Les facteurs de risque du SUDEP :

  • Crises toniques-cloniques généralisées mal contrôlées
  • Prendre plus d'un médicament antiépileptique
  • Ne pas prendre ses médicaments antiépileptiques régulièrement
  • Faibles taux sanguins de médicaments antiépileptiques 
  • Vivre seul


Les causes du SUDEP ne sont pas bien comprises. Le SUDEP suit habituellement une crise tonique-clonique, mais le lien entre les prédispositions d’un individu au SUDEP et l’épilepsie n’est pas clair. La théorie avancée est que le SUDEP est causée par un arrêt respiratoire ou par un problème cardiaque, parfois accompagné d'un trouble de l'activité électrique du cerveau. 

Notez qu’un bon suivi, le respect de votre plan de soins et une bonne hygiène de vie sont des éléments protecteurs. Parlez-en avec votre médecin et votre infirmière. 
 

Santé, bien-être et développement

Réglementation de la société de l’assurance automobile (SAAQ) et l’épilepsie


Le Code de la sécurité routière (CSR) mentionne qu’une personne titulaire d’un permis de conduire a l’obligation d’informer la Société de tout changement à son état de santé pouvant affecter sa capacité à conduire. De plus, le Règlement sur les permis prévoit qu’une personne qui demande ou renouvelle un permis de conduire doit indiquer, dans la partie « Déclaration de maladie ou de déficit fonctionnel », tout problème de santé susceptible de nuire à la conduite sécuritaire d’un véhicule (réf. : Règlement relatif à la santé des conducteurs). L’omission de déclarer un état de santé qui figure dans ce formulaire est sujette à des mesures judiciaires décrites dans le CSR. (Guide de l’évaluation de l’aptitude à conduire, juillet 2016, Société de l’assurance automobile du Québec.) 

Les personnes souffrant d’épilepsie peuvent obtenir un permis de conduire lorsque l’épilepsie est bien contrôlée. À cet effet, la Société peut demander un rapport médical avant d’accorder ou de renouveler le permis de conduire. Selon l’évaluation des renseignements obtenus, la Société rend la décision d’accorder ou non le privilège de conduire. Notez que votre permis de conduire demeure valide jusqu’à ce que la Société vous avise par écrit de sa décision. 
Il est donc très important de discuter de la conduite automobile avec votre médecin. En fonction de la ou des classes détenues au permis de conduire, du type d’épilepsie, de l’observance du traitement et du type de traitement, votre médecin pourra vous guider et vous conseiller. 

Rappelez-vous : si votre médecin vous recommande de ne pas conduire votre véhicule, vous devez suivre son avis. En plus de mettre en danger votre vie et celle des autres usagers de la route, vous pourriez être déclaré coupable devant les tribunaux d’avoir causé un accident de la route si vous décidez d’aller à l’encontre de l’avis de votre médecin. 

Tous les conducteurs ont l’obligation de signaler à la Société tout changement pouvant nuire à leur capacité de conduire. 

Pour toute information supplémentaire, vous pouvez consulter le site Web se la SAAQ ou le site de Légis Québec
Vous pouvez téléphoner à l’un des numéros suivants : 
Région de Québec : 418 643-7620 
Région de Montréal : 514 873-7620


Mythes et réalité 


L’épilepsie est un trouble rare qui ne touche pas beaucoup de gens
Au Canada, selon les données pour la période allant de 2010 à 2012, quelque 139 200 Canadiens étaient alors atteints d’épilepsie. L’Organisation mondiale de la Santé reconnaît l’épilepsie comme étant un problème de santé publique majeur et estime que plus de 50 millions de personnes dans le monde en sont atteintes.

L’épilepsie est héréditaire
Même si la génétique joue un rôle important dans l’épilepsie, cela ne signifie pas que votre enfant sera nécessairement atteint. On vous suggère de discuter du risque avec votre neurologue.

Les personnes épileptiques ne doivent pas occuper des postes générateurs de stress et comportant des responsabilités.
Faux. Les troubles épileptiques s’observent chez des personnes de tous horizons professionnels et qui se trouvent à tous les niveaux hiérarchiques, dans le monde des affaires, les gouvernements, les arts et les professions libérales. 

L’épilepsie se limite aux convulsions
Il existe de nombreux types de crises d’épilepsie et les symptômes diffèrent selon la région du cerveau affectée. Les convulsions représentent qu’une forme que peut prendre l’épilepsie. Il existe beaucoup de variantes!

L’épilepsie est un problème résolu
Même s’il existe plusieurs médicaments, l’épilepsie ne demeure pas bien contrôlée dans 30% des cas. Il reste donc du travail à faire. De plus, les médicaments ne guérissent pas mais éliminent les symptômes. Donc, les personnes vivant avec l'épilepsie ne guérissent pas et devront prendre des médicaments parfois tout au long de leur vie.

On ne peut prévoir ce qu’une personne fera pendant une crise épileptique
Les crises suivent habituellement un schéma caractéristique, et la personne agit à peu près de la même façon chaque fois. Son comportement peut être inapproprié, mais il est peu probable qu’il constitue un danger pour les autres.
  
Les personnes atteintes d'épilepsie ne peuvent pas aller dans une discothèque/travailler à l’ordinateur/jouer aux jeux vidéo
Ce type de description est relié à l’épilepsie photosensible. Seulement 5% des personnes vivant avec l'épilepsie développent la photosensibilité et elle semble disparaître en vieillissant. Donc pour la majorité des épileptiques, l’ordinateur, la télévision, les jeux vidéo et les stroboscopes ne sont pas un grand danger.

On peut avaler sa langue durant une crise. 
Il est physiquement impossible d’avaler sa langue. 

On doit mettre quelque chose entre les mâchoires d’un épileptique qui a une crise. 
Surtout pas! On risquerait ainsi d’ébrécher les dents, de fendre les gencives ou même de fracturer la mâchoire de la personne. 

On doit maîtriser un épileptique en crise. 
Il ne faut jamais tenter de maîtriser une personne en crise! La crise suit son cours et on ne peut l’arrêter.  

On ne voit l’épilepsie survenir que chez les enfants. 
L’épilepsie touche les plus de 65 ans presque aussi souvent que les enfants de moins de 10 ans. Cependant, les causes sont parfois différentes

Les personnes atteintes d’épilepsie sont handicapées et ne peuvent pas travailler.  
Nous encourageons fortement les personnes atteintes d'épilepsie à travailler. Les personnes épileptiques ont les mêmes habiletés et les mêmes capacités que la moyenne des gens. Certaines présentent des crises graves et ne peuvent travailler, d’autres ont une productivité tout à fait normale et poursuivent une carrière exigeante avec succès. Toutefois, la fatigue est un effet secondaire principal des médicaments contre l’épilepsie. Celle-ci peut avoir un impact sur les capacités physiques. Il est donc possible que des horaires ou des types de travail soient moins bien adaptés à leur condition
 

Dernière révision du contenu : le 13 septembre 2019

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