L’emprunt morphologique, ou « calque morphologique », est la traduction littérale d’un mot ou d’une expression provenant d’une autre langue (sans grande surprise, au Québec, cette langue est le plus souvent l’anglais).
Chacun des éléments de la nouvelle forme (la forme calquée) appartient bel et bien à la langue emprunteuse (ici, le français), mais le nouvel ensemble imite la forme de la langue prêteuse (l’anglais) et reproduit l’image véhiculée par cette dernière.
Voici quelques anglicismes morphologiques courants qu’il est facile d’éviter.
Aviseur
L’emploi du mot « aviseur », autant comme adjectif que comme nom, est inapproprié en français, car il s’agit d’un calque de l’anglais advisor.
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Comme adjectif : « aviseur » est souvent utilisé dans l’expression « comité aviseur », calque de l’anglais advisory committee, où il a le sens de « consultatif ».
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Comme nom : il est rarement employé seul; on le rencontre le plus souvent dans les expressions « aviseur technique » et « aviseur légal », qui sont des calques de l’anglais technical advisor et legal advisor, où il a le sens de « conseiller ».
Exemples :
Comité consultatif
Conseiller juridique
Conseiller technique
Comité aviseur
Aviseur légal
Aviseur technique
Appel conférence
L’expression « appel conférence » est un calque de l’anglais conference call.
On pourra les remplacer notamment par les termes « conférence téléphonique », « réunion téléphonique » ou encore « réunion par téléphone ».
Le terme « audioconférence », ou « conférence audio », est plus particulièrement employé dans les contextes où les moyens de communication utilisés sont informatiques.
Exemple :
Nous tiendrons une conférence téléphonique avec les directeurs.
Nous ferons un appel conférence avec les directeurs.
Carte d’affaires
L’expression « carte d’affaires » est un calque de l’anglais business card.
On utilisera plutôt les expressions « carte professionnelle » ou « carte de visite ».
Toutefois, une carte de visite peut comporter des renseignements d’ordre privé (par exemple le numéro de téléphone à la maison), tandis qu’une carte professionnelle ne doit contenir que des renseignements d’ordre professionnel.
Exemple :
Laissez-moi votre carte professionnelle afin que je puisse vous joindre plus tard.
Laissez-moi votre carte d’affaires afin que je puisse vous joindre plus tard.
Source :
Office québécois de la langue française, Vitrine linguistique, https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/.
Sources citées dans l’article original :
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Office québécois de la langue française, Banque de dépannage linguistique, http://www.oqlf.gouv.qc.ca/ressources/bdl.html.
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De Villers, Marie-Éva, Multidictionnaire des difficultés de la langue française, Montréal, Québec Amérique, 2006.
La minute linguistique 2.0
Parce que le français est une langue remplie de subtilités et parce que cette chronique fait encore parler d’elle des années après la fin de sa publication, Le Chuchoteur a eu envie de faire revivre la populaire chronique « La minute linguistique ».
Créée par Élaine Langlais, spécialiste en procédés administratifs aujourd’hui retraitée, La minute linguistique était une chronique sans prétention qui avait pour but de donner des trucs et des conseils pratiques sur les petites et les grandes questions que le bon usage de la langue française suscite souvent.
Nous nous sommes permis de reprendre les chroniques, avec l’autorisation de l’auteure, en les mettant à jour lorsque requis et en y ajoutant parfois quelques éléments.
N’hésitez pas à nous faire part de vos questions sur la langue française; nous en ferons le sujet de futures chroniques!
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