Depuis 45 ans, les équipes du Programme d’évacuations aéromédicales du Québec (EVAQ) accompagnent des patients à des moments particulièrement critiques de leur parcours de soins. Derrière chaque transfert se trouvent des décisions rapides, une coordination étroite et un objectif constant : permettre à chaque patient d’accéder, au bon moment, aux soins dont il a besoin.
Depuis le 15 juin, un nouveau volet s’est ajouté à cette mission avec l’arrivée du service de transport médical héliporté.
Quand chaque minute compte
Le recours à l’hélicoptère ne sera pas systématique. Il s’inscrit dans des situations bien précises, là où le facteur temps devient déterminant : infarctus aigu du myocarde, accident vasculaire cérébral (AVC), traumatisme majeur ou autre urgence critique nécessitant un transfert rapide vers un centre spécialisé.
Dans ces contextes, il ne s’agit pas seulement de déplacer un patient d’un point à un autre, mais de le faire dans un délai qui peut influencer directement son pronostic.
Le transport héliporté devient alors une option clé, notamment pour des distances intermédiaires, entre 75 et 250 km, lorsqu’il permet de réduire significativement le temps de déplacement. Il vient ainsi compléter les services offerts par les ambulances terrestres et les avions-hôpitaux, en s’intégrant à un continuum de solutions déjà bien établi.
Une expertise qui fait la différence
Derrière chaque décision de transport, il y a une analyse clinique rigoureuse. Au Centre de coordination provincial des transports aéromédicaux (CCPTA), des équipes spécialisées évaluent chaque situation : condition du patient, degré d’urgence, trajectoire de soins la plus appropriée. Le choix du moyen de transport, incluant maintenant l’hélicoptère, découle toujours de cette réflexion.
Cependant, l’expertise d’EVAQ va encore plus loin. Elle s’incarne dans l’encadrement clinique du service, la formation des équipes, la définition des protocoles et l’intégration harmonieuse du service de transport médical héliporté dans les trajectoires de soins.
Si Santé Québec CHU de Québec-Université Laval (CHU), par le biais d’EVAQ, s’est vu confier le mandat de déployer et de superviser le service de transport médical héliporté à l’échelle provinciale, c’est avant tout en reconnaissance du savoir-faire développé au fil des années et de la confiance bâtie, jour après jour, avec les équipes du réseau.
Un déploiement ancré dans la réalité du terrain
Le service sera d’abord offert à partir de la base de Québec, couvrant la Capitale-Nationale, Chaudière-Appalaches et le Bas-Saint-Laurent. Il s’étendra graduellement vers le Saguenay–Lac-Saint-Jean, puis, avec l’ajout d’une base à Mirabel, vers d’autres régions.
Offert initialement 12 heures par jour, 7 jours sur 7, ce déploiement progressif permettra d’ajuster les pratiques au fil de l’expérience, en tenant compte des réalités cliniques et des besoins de la population du vaste territoire de la province de Québec.
Cette approche reflète une volonté claire : implanter un service solide, sécuritaire et adapté à la complexité du terrain.

Un levier pour l’accès aux soins
Le service de transport médical héliporté s’inscrit dans une vision plus large d’amélioration de l’accès aux soins spécialisés, particulièrement pour les régions où les délais de transport peuvent représenter un enjeu majeur.
Entièrement public et sans frais pour les patients, il offre une option supplémentaire lorsque les autres modes de transport atteignent leurs limites.
Faire évoluer sans perdre l’essentiel
L’arrivée du service de transport médical héliporté s’appuie sur une expertise déjà solide pour aller plus loin, autrement. Pour les équipes d’EVAQ, cette avancée a une portée très concrète. Elle témoigne de la capacité à faire évoluer les pratiques tout en restant fidèle à ce qui les définit : rigueur, collaboration et engagement envers les patients.
Parce qu’au-delà des moyens de transport, des protocoles et des distances, il y a toujours la même réalité : des patients, des familles, des équipes mobilisées.
Et la certitude que, derrière chaque décision, chaque transfert, il y a toujours la même intention : améliorer l’accès aux soins pour les patients, peu importe où ils se trouvent.