Anne a toujours été de nature très indécise. Cependant, même très jeune, elle était certaine d’une chose : la réadaptation et la relation d’aide la passionnaient. Anne était également convaincue qu’elle aimerait davantage travailler auprès d’une clientèle adulte. Aujourd’hui, la voilà pourtant comblée dans son poste d’orthophoniste spécialisée en dysphagie pédiatrique au CHUL lui permettant, entre autres, de prendre soin des petits bébés.
Anne a découvert son intérêt pour l’orthophonie au secondaire grâce à la grande sœur d’une amie qui exerçait ce métier. Au Cégep, elle décide de faire un DEC en Sciences de la nature. « Je voulais m’ouvrir des portes. J’aimais beaucoup de choses. »
Elle poursuit ensuite ses études au baccalauréat en psychoéducation à l’Université Laval. Elle adore son programme ainsi que la vaste clientèle qu’il lui sera possible d’accompagner. Par contre, il lui manque le côté scientifique que l’on trouve davantage en orthophonie. En effet, dans cette pratique, les professionnels tentent toujours de trouver le lien physiologique et anatomique pouvant expliquer le profil clinique du patient. C’est pourquoi Anne choisit de faire une maîtrise en orthophonie à l’Université Laval qu’elle termine en 2020.
À sa sortie de l’université, Anne savait déjà qu’elle souhaitait travailler dans le milieu hospitalier. Lorsqu’un poste d’orthophoniste s’est ouvert au CHUL en 2021, Anne a immédiatement sauté sur l’occasion. « Au CHU, on vise l'excellence, soit une prise en charge pluridisciplinaire des patients. Je trouve que c’est génial d'avoir la chance de faire partie de cette équipe-là. »
C’est justement ce qu’Anne apprécie avant tout dans le cadre de son métier au CHU de Québec-Université Laval (CHU) : la place centrale du travail d’équipe. Pour elle, le simple fait de pouvoir prendre quelques minutes pour discuter et réfléchir avec une collègue sur un cas de patient plus complexe, « c’est tellement précieux. »
De plus, la collaboration avec des professionnels en régions éloignées lui permet de continuellement peaufiner ses connaissances. En effet, des équipes des centres intégrées de santé et de services sociaux (CISSS) partout au Québec, de la région de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine jusqu’au Saguenay-Lac-Saint-Jean, communiquent régulièrement avec celles du CHUL lorsqu’elles rencontrent des patients présentant des problématiques complexes qui nécessitent une expertise ou des investigations impossibles à réaliser dans leur milieu. Ces échanges permettent de co-construire des plans d’intervention et rendent possible une réflexion commune autour des cas. « Souvent, ils m'en apprennent autant que je leur en apprends! C’est vraiment riche. »
Le rôle de l’orthophoniste en milieu hospitalier
Parfois, certains peuvent avoir des idées préconçues au sujet de la profession d’orthophoniste. « On nous connaît majoritairement pour notre présence dans les écoles primaires ou on pense qu’en milieu hospitalier, l’orthophonie c’est pour réapprendre à parler, mais notre rôle est beaucoup plus large que ça. » Entre les murs du CHU, plusieurs types de patients peuvent avoir besoin de services en orthophonie.
En voici quelques exemples :
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Les bébés qui naissent prématurément et qui ne sont pas en mesure d'intégrer la succion, la respiration ou la déglutition au moment du boire.
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Les individus de tout âge ayant eu un traumatisme à la tête ou un AVC qui perdent la faculté d’avaler ou de parler.
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Les enfants ayant des particularités orofaciales qui peuvent être suivis jusqu’à leur 18 ans au CHUL à la Clinique des malformations orofaciales (CMOF).
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Les patients ayant subi une chirurgie ORL pour un cancer qui doivent réapprendre à communiquer avec une anatomie modifiée ou des aides à la communication (exemple : larynx artificiel).
Parmi toutes ces possibilités de clientèles, Anne se spécialise davantage en pédiatrie. Elle évalue les boires des petits bébés, soit leur déglutition et leur coordination oropharyngée. Elle observe comment les petits se débrouillent pour s’alimenter de manière sécuritaire. « C'est tellement une partie prenante dans la vie d'un petit bébé de s'alimenter. C’est important pour son développement, mais c’est aussi censé être de beaux moments, autant pour bébé que pour les parents. Un moment que je ne prends jamais pour acquis et qui reste toujours aussi beau, c’est celui où je vois les parents qui, après une consultation, comprennent mieux les signaux que leur envoie leur enfant. »
Grâce à son expertise, à sa passion et à son empathie, Anne montre chaque jour à quel point l’orthophonie en milieu hospitalier occupe une place essentielle dans le parcours de soins de nos patients.