L’audiologie en milieu hospitalier

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Évaluer globalement les besoins auditifs du patient, comprendre sa réalité et l’orienter vers les meilleures ressources : c’est le cœur du travail d’un audiologiste. Depuis 2020 au CHU de Québec-Université Laval (CHU), Julien Bérubé exerce ce rôle avec la volonté de trouver les solutions les mieux adaptées pour ses patients. 

Après avoir fait des études en biologie au Cégep de Sainte-Foy et à l’Université Laval, Julien se questionne sur la prochaine étape de son parcours professionnel. « Je trouvais ça super intéressant la biologie, mais ça manquait de contacts avec les gens, parce que le travail s’effectue plus souvent en laboratoire. Je me disais "Il me semble qu’il manque quelque chose", puis c’est là que j’ai pensé à l’audiologie. Je trouvais ça intéressant le système auditif. Ayant moi-même eu quelques acouphènes plus jeune, ça m’interpellait et je voulais en apprendre plus. » Julien s’inscrit donc au baccalauréat, puis à la maîtrise en audiologie à l’Université de Montréal. Il gradue en 2018.  

Julien a commencé sa pratique au privé. « J’ai adoré mon expérience, mais éventuellement je savais que je voulais aller au public parce qu’on a accès à plus de possibilités de tests et de développement de la pratique. Le CHU de Québec-Université Laval étant un centre hospitalier universitaire, on essaie vraiment d’être à l’avant-garde et d’offrir la panoplie de tests et de services qui se fait dans le monde de l’audiologie, et ce, avec toutes les clientèles. » 
 

L’évaluation du système vestibulaire

Depuis 2023, le CHU a élargi son offre de services en ajoutant de nouveaux tests permettant l’évaluation du système vestibulaire. « Le système vestibulaire, c’est comme notre sixième sens. C’est lui qui nous permet de nous situer dans l’espace, de percevoir les mouvements de la tête, les accélérations et les décélérations. Pour l’anecdote, c’est aussi le système vestibulaire périphérique qui permet à notre vision de rester stable quand on marche, même si notre tête bouge de haut en bas. »

Deux examens au CHU ont ainsi été ajoutés afin d’évaluer le fonctionnement de différents organes du système vestibulaire. Plus précisément, ces tests permettent d’identifier l’origine de certains vertiges ressentis par les patients.

  • À l’Hôpital de l’Enfant-Jésus, depuis mai 2023, le test VEMP (Vestibular Evoked Myogenic Potential) permet d’évaluer le fonctionnement de deux organes spécifiques dans l’oreille interne : le saccule et l’utricule. À ce jour, c’est le seul test qui existe pour évaluer ces deux organes. Pendant ce test, des électrodes sont placés sur le visage et le cou afin de mesurer l’activité électrique de certains muscles pendant que le patient entend des sons qui vont stimuler les organes. Avec l’audiométrie, le VEMP est un test très utile pour identifier la présence d’un syndrome de troisième fenêtre1.
     

  • Depuis janvier 2025, le vHIT (Video Head Impulse Test) permet d’évaluer le fonctionnement des canaux semi-circulaires de l’oreille interne. Lors de ce test, le patient porte des lunettes spéciales qui analysent ses mouvements oculaires. Il doit fixer un point au mur pendant que l’audiologiste bouge sa tête dans différentes directions. C’est le seul test qui permet d’évaluer l’ensemble des canaux semi-circulaires (six au total, soit trois de chaque côté) et de vérifier leur bon fonctionnement individuellement. Le test est donc très utile pour détecter la présence d’une atteinte spécifique à l’un ou à l’autre des canaux. Grâce au portrait global des résultats obtenus, le bon fonctionnement du nerf vestibulaire, qui se divise lui-même en deux branches bien distinctes, peut être évalué.

    Photo de Julie Lamothe et Julien Bérubé, audiologistes.



L’importance de l’audiologie en milieu hospitalier

Les audiologistes sont essentiels en milieu hospitalier pour plusieurs raisons. Par exemple, ils travaillent de pair avec les oto-rhino-laryngologiste (ORL). « Pour plusieurs types de chirurgies que les ORL réalisent au niveau des oreilles, ils veulent bien souvent ensuite connaître les effets sur l’audition du patient. » 

Les audiologistes évaluent également l’audition des patients qui suivent des traitements en oncologie. « Certaines molécules prises pendant la chimiothérapie peuvent affecter les cellules de l’oreille interne et c’est malheureusement souvent irréversible. Si on mesure un effet sur l’audition, parfois les médecins traitants peuvent parfois procéder à des ajustements afin que les patients aient moins d’effets secondaires. » Il est à noter que ce ne sont pas toutes les chimiothérapies qui peuvent avoir un effet sur l’audition; les patients sont invités à en discuter avec leur(s) médecin(s) traitant(s).

Même si l’audiologie est un domaine technique où plusieurs appareils sont manipulés, le contact avec les patients occupe une très grande place. « Il faut aimer créer des liens parce que c’est vraiment à la base de notre travail. Quand on voit un patient, ça commence toujours par une discussion. On essaie de comprendre ce qui se passe dans sa vie et le motif de sa consultation. Ce qui me satisfait dans mon travail, c’est quand le patient, à la fin de la rencontre, me remercie d’avoir pris le temps de répondre à ses questions. Là je me dis "Yes!" J’ai réussi, oui à prendre des mesures, mais aussi à éclairer le patient sur l’état de son audition. Un seul patient comme ça, c’est suffisant pour faire ma journée! »
 

La pratique de Julien dans le Nord

Depuis 2019, Julien travaille aussi pour le Centre de santé Tulattavik de l’Ungava (CTSU). À tous les six mois, il voyage deux semaines au Nunavik pour offrir des services en audiologie aux Nunavimmiut (résidents du Nunavik). « Tout ce que je développe ou ce que j’apprends ici au CHU, je l’exporte là-bas et vice-versa. » Plusieurs adaptations de la pratique sont toutefois nécessaires. « C’est une pratique qui est très différente. Je suis amené à porter plusieurs chapeaux en même temps : audiologiste, agent administratif, archiviste. Je dois souvent contacter les gens moi-même pour donner les rendez-vous tout en procédant aux évaluations auditives, autant avec une clientèle adulte que pédiatrique, et en m’assurant que le travail réalisé est bien classé dans les dossiers. »

Par son engagement au CHU de Québec-Université Laval et auprès des communautés du Nunavik, Julien Bérubé participe activement à la diversification de la pratique en audiologie. L’organisation des services de cette pratique connaîtra un changement majeur en 2026, alors que les audiologistes de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus et ceux de L’Hôtel-Dieu de Québec se réuniront au nouveau complexe hospitalier (NCH). Ceci permettra d’offrir, au même endroit, l’ensemble des services en audiologie au bénéfice de nos patients.


 


Note
1.    Syndrome de la troisième fenêtre : « […] Groupe de troubles de l’oreille interne résultant d’une anomalie de pression et/ou de liquide des structures de l’oreille interne. […] Ces anomalies peuvent entraîner des symptômes vestibulaires tels que des vertiges, un déséquilibre et une difficulté à focaliser les yeux, ainsi que des symptômes auditifs tels qu’une perte d’audition, un acouphène pulsatile, et une sensibilité aux sons forts. », The Vestibular Disorders Association (VeDA),
https://vestibular.org/article/what-is-vestibular/association-des-desordres-vestibulaires-en-francais/le-syndrome-de-la-troisieme-fenetre/, page consultée le 28 avril 2026.

 


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Dernière révision du contenu : le 1 mai 2026

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