Dans le cadre du Programme promotion qualité, qui met en valeur les initiatives incarnant les huit dimensions de la qualité au CHU de Québec-Université Laval (CHU), nous souhaitons souligner un projet porteur qui illustre concrètement la dimension « Efficience ». Cette réalisation est le fruit d’une collaboration étroite entre deux équipes clés souvent à l’œuvre en arrière-plan, mais essentielles au bon déroulement des soins : l’Unité de retraitement des dispositifs médicaux (URDM) et la Direction logistique (DL).
Qu’est-ce que l’URDM et la DL?
L’URDM est responsable de nettoyer, désinfecter, assembler et stériliser les instruments médicaux et chirurgicaux utilisés lors des soins, des examens et des opérations. Elle s’assure que tout le matériel réutilisable est sécuritaire, conforme et prêt à être utilisé à nouveau pour les patients. Son travail est indispensable, notamment pour le bon fonctionnement du bloc opératoire et la sécurité des soins.
De son côté, la Direction logistique a pour mandat d’assurer que les bons produits et équipements soient disponibles, au bon endroit et au bon moment. Elle regroupe notamment des activités liées aux services alimentaires, à la gestion des fournitures, aux approvisionnements, à l’entreposage, aux transports interne et externe ainsi qu’à l’optimisation des flux de matériel. Son rôle est de soutenir les équipes cliniques en leur simplifiant l’accès au matériel nécessaire, tout en utilisant efficacement les ressources.
Le projet mis en lumière ce mois-ci s’inscrit dans le Plan directeur logistique et dans la préparation de la transition vers le nouveau complexe hospitalier (NCH). Il visait à revoir en profondeur la façon dont le matériel chirurgical est géré et préparé à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus.
Avant la mise en œuvre du projet, plusieurs étapes reposaient sur des méthodes manuelles : les équipes de retraitement devaient faire des inventaires fréquents, passer des commandes à partir de listes papier, se déplacer à plusieurs endroits pour vérifier les quantités disponibles et préparer, souvent tardivement, le matériel requis pour les chirurgies à venir. Cette réalité entraînait une charge de travail importante, une variabilité dans les pratiques et un manque de visibilité sur l’état réel des stocks.
Grâce à une collaboration étroite entre les équipes cliniques, logistiques et informatiques, plusieurs améliorations concrètes ont été apportées.
Des solutions innovantes
La gestion des fournitures a d’abord été centralisée. Plutôt que d’avoir plusieurs petits lieux d’entreposage, une réserve unique a été mise en place, ce qui signifie un espace central où le matériel est regroupé, mieux organisé et plus facile à suivre.
Les listes de matériel ont été revues, la consommation analysée et un système de rangement appelé « doubles casiers » a été implanté. Concrètement, ce système fonctionne avec deux bacs pour un même produit : lorsqu’un premier bac est vidé, cela déclenche le réapprovisionnement pendant que le second bac est utilisé, évitant ainsi les ruptures de stock. Un magasinier dédié au secteur est également venu soutenir les équipes sur le terrain.
Une attention particulière a été portée à l’organisation du matériel stérile. Par exemple, le carrousel stérile — un système de rangement rotatif utilisé pour entreposer les ensembles d’instruments stérilisés et certaines fournitures — géré auparavant de façon largement manuelle, a été automatisé. Les quantités disponibles n’étaient pas toujours visibles en temps réel, ce qui pouvait compliquer la planification et augmenter les risques de rupture ou de surplus.
Un autre changement majeur concerne la préparation des « chariots de cas », chariots contenant tous les instruments et fournitures requis pour une intervention précise, préparés à l’avance pour soutenir le travail du bloc opératoire. Cette préparation a été confiée à l’équipe logistique, qui a formé un employé spécialisé et standardisé les méthodes de travail. Le temps de préparation a été réduit, passant d’environ neuf minutes à six minutes et demie par chariot, tout en assurant une meilleure constance et une plus grande capacité à répondre rapidement aux demandes urgentes.
Des gains concrets
Ces améliorations ont permis de libérer les professionnels du retraitement de nombreuses tâches logistiques, leur permettant de se concentrer davantage sur leur expertise principale, soit d’assurer un retraitement et une stérilisation de haute qualité des instruments médicaux. En parallèle, le matériel requis pour les chirurgies est prêt plus tôt, ce qui contribue à la fluidité des activités du bloc opératoire.
Au-delà des gains mesurables, la véritable force de ce projet réside dans la collaboration étroite entre les équipes. Les rôles et responsabilités sont désormais partagés de façon complémentaire, tandis que la présence des équipes de retraitement demeure assurée dans le secteur, en soutien aux besoins cliniques, jour et nuit. Cette synergie des expertises favorise une surveillance continue des stocks et une réponse rapide aux imprévus, au bénéfice direct des équipes et des patients.
Une efficience exportable… et remarquée!
Selon Agrément Canada, l’efficience se définit par l’utilisation optimale des ressources, la réduction des redondances, l'amélioration des processus et l’obtention des meilleurs résultats possibles pour les usagers et l’organisation.
Le projet conjoint de l’URDM et de la Direction logistique en est une illustration concrète. Il contribue à une meilleure utilisation des ressources humaines, à des processus plus fluides, à une réduction des risques et à une préparation structurée pour l’arrivée du NCH.
La qualité de cette collaboration n’est pas passée inaperçue. Lors de leur visite en décembre 2025, les visiteurs d’Agrément Canada ont d’ailleurs souligné le caractère innovant de la prise en charge logistique et la solidité du partenariat interdirectionnel.
Le modèle développé à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus inspire maintenant d’autres secteurs et présente un fort potentiel d’application ailleurs au CHU.
Cette initiative démontre qu’en travaillant ensemble, en simplifiant les façons de faire et en misant sur la complémentarité des expertises, il est possible d’améliorer concrètement l’efficience organisationnelle et de soutenir, chaque jour, une prestation de soins sécuritaire et de qualité.

Photo - de gauche à droite : Diana Sanchez, spécialiste en procédé administratif; David Desruisseaux, technicien logistique; Cinthia Sirois, chef de service logistique; Marc-Andé Laprise, chef de service - Unité de retraitement des dispositifs médicaux; Minouche Barony, agente administrative - Unité de retraitement des dispositifs médicaux; Martin Cloutier, préposé au retraitement des dispositifs médicaux; Jason Dubé, préposé au retraitement des dispositifs médicaux; Patrick Gagnon, magasinier (à l'avant).