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Une révolution dans le traitement des grands brûlés

4 octobre 2018

Professeure Véronique Moulin, professeure Lucie Germain, M. Luc Turcotte, patient, Dr François A. Auger, Dre Amélie Dumas, chirurgienne plasticienne.

Après avoir traité avec succès 14 patients, une équipe de chercheurs du centre de recherche en organogénèse expérimentale de l’Université Laval (LOEX), dirigée par les professeurs à l’Université Laval et chercheurs au Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval François A. Auger, Lucie Germain et Véronique Moulin, vient de publier des résultats probants sur une nouvelle technique de traitement des grands brûlés dans la revue scientifique European Cells and Materials (eCM) Journal.
 
Habituellement, les grands brûlés sont traités par autogreffe, c’est-à-dire par greffe de segments de peau prélevés à d’autres endroits sains sur leur corps. Cette technique a toutefois ses limites. Notamment, certains patients dont une trop grande superficie du corps est brûlée ne peuvent être recouverts complètement avec des autogreffes puisqu’il est impossible de prélever suffisamment de peau saine.
Quelques laboratoires dans le monde sont équipés pour produire un recouvrement cutané pour les patients dont la peau disponible ne suffit pas. Cependant, cette peau produite en laboratoire ne reproduit pas parfaitement une peau normale, car elle contient seulement l’une des trois couches, l’épiderme.
 
Grâce à son expertise en génie tissulaire, l’équipe du LOEX a développé en laboratoire une nouvelle méthode permettant de reconstruire des greffons de peau à partir des cellules du patient brûlé. Contrairement à ce qui est fait par les autres laboratoires, ces greffons sont constitués de deux couches de la peau, le derme et l’épiderme. Ces tissus sont dit « bilamellaires » à cause de la présence additionnelle de la couche profonde dermique, importante pour le support, la stabilité et la souplesse à long terme.
 
Les greffons cutanés bilamellaires ont récemment été utilisés avec succès chez 14 patients. Un seul prélèvement de peau de la surface d’un deux dollars est effectué, puis envoyé au LOEX où on y recueille les cellules, dont les cellules souches. Après environ deux mois de culture, des bandes de peau cultivées sont prêtes à être greffées par un chirurgien.
 
À la différence de la greffe de l’épiderme, le tissu développé par le LOEX demeure souple et mince après sa prise en place sur le patient et réduit donc le recours aux chirurgies de retouche, ce qui est un grand avantage pour les patients.
 
Ce succès a été rendu possible grâce au travail exceptionnel du personnel du LOEX et des unités de grands brûlés.
 

Dernière révision du contenu : le 5 octobre 2018

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