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Une collaboration Québec-France fructueuse

22 février 2018

Les Drs Guy Boivin et Manuel Rosa-Calatrava.

L’équipe du Dr Guy Boivin (chaire de recherche du Canada sur les virus émergents, Université Laval) du Centre de Recherche en Infectiologie du CHU de Québec-Université Laval, collabore depuis 2011 avec l’équipe du Dr Manuel Rosa-Calatrava (Directeur de Recherche à l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale - INSERM) au sein du laboratoire de Virologie et Pathologie Humaine à Lyon (VirPath, Centre International de Recherche en Infectiologie, U1111 INSERM - UMR 5308 CNRS - ENS Lyon - UCBL1). Les programmes de recherche que mènent conjointement les deux chercheurs dans le domaine des virus respiratoires émergents, ont permis récemment une avancée majeure dans le développement de nouvelles générations d’antiviraux à large spectre.

Basée sur le nouveau paradigme que chaque molécule possède plusieurs cibles cellulaires différentes, la démarche innovante de ces chercheurs consiste à repositionner des médicaments déjà sur le marché pour de nouvelles indications thérapeutiques antivirales. Ce repositionnement est basé sur l’analyse des signatures cellulaires des infections virales directement à partir d’échantillons de patients infectés. Cette stratégie innovante va ainsi permettre de faire progresser significativement les recherches dans le domaine des maladies infectieuses respiratoires, dont les enjeux de santé publique et socio-économique sont majeurs (les infections aigües respiratoires constituent en effet la première cause mondiale de mortalité chez les nourrissons et les jeunes enfants, or il n’existe aujourd’hui que très peu de traitement spécifique sur le marché). De plus, cette stratégie de repositionnement de médicaments présente d’importants avantages réglementaires et financiers par rapport au processus classique long et coûteux de développement de molécules de novo.

Les travaux des deux équipes ont ainsi abouti au dépôt commun par l’Université Laval et l’Université Claude Bernard Lyon 1 de deux brevets internationaux (WO2016146836; PCT/EP2017/058009) qui protègent six médicaments repositionnés, dont notamment l’inhibiteur calcique diltiazem (Cardizem®), pour leurs propriétés inhibitrices des infections par les virus influenza. Un essai clinique de phase 2 (FLUNEXT TRIAL - ClinicalTrials.gov identifier NCT03212716), financé par un Programme Hospitalier de Recherche Clinique (PHRC #15-0442) du ministère français des solidarités et de la santé, a ainsi démarré en janvier 2018. Cet essai multicentrique en double aveugle a pour objectif d’évaluer les effets du diltiazem (Cardizem®) en combinaison avec l’antiviral standard oseltamivir (Tamiflu®) dans le traitement des infections grippales sévères. L’essai FLUNEXT vise à inclure 300 patients dans dix unités de soins intensifs  sur deux saisons épidémiques pour des résultats attendus en 2019.

Le succès de ce partenariat entre les deux laboratoires est basé sur l’échange de chercheurs titulaires, post-doctoraux et d’étudiants en cotutelle de thèse entre les deux universités ; il a également été possible grâce au soutien significatif de l’Université Laval, du CHU de Québec-Université Laval, de l’Agence Nationale française de la Recherche, de la Région Auvergne Rhône-Alpes, des hospices Civils de Lyon, de l’Université Claude Bernard Lyon 1 et de ses filiales EZUS et Lyon Ingénierie Projet.

Dans cette dynamique favorable, les deux chercheurs ont fondé en 2017 avec le Dr Olivier Terrier (chercheur CNRS au laboratoire VirPath) et le Dr Andrés Pizzorno (chercheur post-doctoral au laboratoire VirPath et ancien étudiant en thèse du Dr Guy Boivin) la start-up Signia Therapeutics (https://signiatherapeutics.com/). Cette compagnie a pour objectifs d’accélérer et d’étendre le programme de « Drug discovery » et de repositionnement de médicaments des deux laboratoires à d’autres pathogènes respiratoires, tels que notamment le virus respiratoire syncytial (VRS) et le métapneumovirus humain (hMPV). Le but de Signia Therapeutics est de pouvoir répondre aux besoins des cliniciens qui ne possèdent actuellement aucune solution thérapeutique efficace contre ces pathogènes respiratoires. Sa stratégie vise également à mettre en place, le cas échéant et à partir d’échantillons de patients, une réponse thérapeutique rapide face à de futures pandémies.

Un partenariat de recherche et une convention d’hébergement avec l’Université Claude Bernard Lyon 1 ont été mis en place dans le but de promouvoir le développement initial de la start-up en lui faisant bénéficier d’un accès durable aux équipements de haute technologie du laboratoire et de son réseau de partenaires académiques, hospitaliers, industriels et économiques. Signia Therapeutics a également acquis les droits internationaux d’exploitation exclusive de trois des brevets d’invention des laboratoires partenaires qui protègent huit médicaments déjà sur le marché pour leur repositionnement comme nouveaux antiviraux contre les virus influenza et le coronavirus responsable du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV).

Seulement quelques mois après sa création, Signia Therapeutics a été lauréate de la 19e édition du très sélectif concours national I-LAB d’aide à la création d’entreprises de technologies innovantes, organisé par le ministère français de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Signia Therapeutics bénéficie également de la longue expérience d’affaire de son Président, Michel Cousineau, un Québécois qui a travaillé au sein de plusieurs sociétés québécoises et canadiennes dont Aeterna Zentaris, et du soutien de Business Angels entrés au capital de la société en mai 2017.

Pour développer davantage les programmes de recherche des laboratoires québécois et lyonnais et accélérer les activités de développement de Signia Therapeutics, des démarches ont déjà été initiées pour établir une filiale québécoise de la compagnie en 2018. Outre l’objectif de mieux se positionner pour un accès privilégié au marché nord-américain, cette filiale pourra également servir de levier vers différents programmes d’aide à la recherche et au développement des gouvernements québécois et canadiens, afin de créer de la valeur médicale ajoutée pour les patients en attente de solutions thérapeutiques, ainsi que des retombées économiques pour le Québec et le Canada.

Pour en savoir plus, lisez l'article de Jean Hamann dans Le Fil.
 
 

Dernière révision du contenu : le 22 mars 2018

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