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Une 100e publication pour l’UETMIS!

22 février 2018

L’équipe de l’UETMIS du CHU de Québec-Université Laval.

Active depuis 2006, l’Unité d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé (UETMIS) du CHU de Québec-Université Laval (CHU) vient de poser un jalon important de son histoire : une centième publication!

L’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé est l’une des quatre missions des CHU, avec les soins, l’enseignement et la recherche. Les UETMIS ont pour mandat d’aider les décideurs – médecins, professionnels de la santé ou gestionnaires – à faire les bons choix, basés sur les savoirs, lorsque vient le temps d’introduire de nouvelles technologies, de nouvelles pratiques ou encore pour réviser des pratiques existantes.

L’UETMIS du CHU est née en 2006, dans l’ancien CHUQ, et ce sont les chantiers de pertinence clinique qui ont principalement occupé l’équipe depuis. « L’une des missions essentielles de l’UETMIS est de s’assurer de la pertinence des soins. Il faut toujours évaluer l’efficacité, l’innocuité et la sécurité pour le patient et pour le personnel, et aussi les enjeux de capacité pour l’organisation », précise Martin Coulombe, adjoint au directeur - Évaluation, expérience patient et éthique de la Direction de l’évaluation, de la qualité, de l’éthique et des affaires institutionnelles du CHU. L’UETMIS a également été sollicitée par la fusion avec le CHA en 2012, puisque l’harmonisation des soins entre les cinq hôpitaux du nouveau CHU a nécessité de faire des choix objectifs en s’appuyant sur des données.

Au départ, les gens se demandaient en quoi l’UETMIS pouvait être utile et avaient peur d’être évalués, mais ce n’est plus du tout le cas aujourd’hui. « À force de publications et avec une approche participative, qui implique toujours des groupes d’experts des différents milieux du CHU et le Conseil scientifique qui rejoint plusieurs directions, la culture UETMIS s’est beaucoup développée. Maintenant, on sent que c’est bien ancré dans les équipes », relate M. Coulombe.

Si, à la base, l’UETMIS est sollicitée pour répondre à des questions « locales » pour le CHU, elle collabore aussi à des projets pour le RUIS Laval (est du Québec) et même avec d’autres CHU, comme c’est d’ailleurs le cas présentement avec le CHUM pour un projet précis. Toutes les publications sont accessibles sur Internet, mais également envoyées par le biais d’une liste de diffusion et partagées par la communauté de pratique des autres UETMIS de la province chapeautée par l’INESSS. La démarche peut même mener à la publication d’un article scientifique et, chaque année, certains médecins et experts qui font partie des groupes de travail de l’UETMIS présentent les résultats dans les congrès de leur spécialité. Ainsi, l’UETMIS du CHU veut répondre aux besoins de décision de l’établissement, mais également contribuer à la culture d’évaluation ainsi qu’à la réflexion sur la pertinence clinique dans tout le réseau de la santé.

La centième publication de l’UETMIS du CHU, Utilisation du sulfate de calcium imprégné d’antibiotiques pour la prévention et le traitement des infections au CHU de Québec-Université Laval, est maintenant disponible et peut être consultée en ligne.
 
Sommaire de la publication :
Utilisation du sulfate de calcium imprégné d’antibiotiques pour la prévention et le traitement des infections au CHU de Québec-Université Laval
Les infections du site opératoire constituent une source majeure de mortalité et de morbidité pour les patients soumis à une intervention chirurgicale, et ce, particulièrement lorsque du matériel prothétique ou des dispositifs médicaux sont implantés. Le contrôle et la prévention des infections en chirurgie est un processus complexe qui nécessite la mise en place de nombreuses mesures prophylactiques et la réalisation de plusieurs interventions incluant l’administration d’une antibiothérapie systémique périopératoire. L’utilisation d’une antibiothérapie locale véhiculée par des substituts osseux biorésorbables imprégnés d’antibiotiques pourrait être une stratégie complémentaire. Le sulfate de calcium synthétique, préparé au bloc opératoire sous forme de billes de différents diamètres et imprégné d’antibiotiques, peut être déposé directement au niveau du site chirurgical pour assurer une diffusion locale progressive d’antibiotiques. Introduit en 2015 au CHU de Québec-Université Laval (ci-après CHU de Québec), le sulfate de calcium a rapidement été adopté dans la pratique clinique avec une utilisation croissante en chirurgie orthopédique, vasculaire et en neuromodulation associée à des coûts élevés. L’Unité d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé (UETMIS) a été sollicitée par la Direction des services professionnels (DSP) afin d’évaluer l’efficacité et l’innocuité reliées à l’utilisation du sulfate de calcium imprégné d’antibiotiques dans la prévention et le traitement des infections.

Les données probantes disponibles suggèrent que le sulfate de calcium imprégné d’antibiotiques pourrait être bénéfique pour le traitement des infections particulièrement dans les cas d’ostéomyélites. Les données sont toutefois très limitées pour évaluer son efficacité en prophylaxie des infections. De plus, la place de l’administration locale d’antibiotiques parmi les différentes mesures recommandées pour le contrôle et la prévention des infections des sites opératoires n’est présentement pas abordée par les guides de pratique en orthopédie, en chirurgie vasculaire ou en prévention des infections. L’analyse des données d’innocuité recensées suggère que l’utilisation du sulfate de calcium imprégné d’antibiotiques est généralement associée à des évènements indésirables mineurs, mais la qualité et la quantité des données disponibles limitent toutefois l’appréciation globale des risques associés. L’analyse des données recueillies auprès d’informateurs clés du CHU de Québec et issues des dossiers médicaux de patients montre que les indications pour lesquelles le sulfate de calcium imprégné d’antibiotiques a été utilisé sont plus larges que celles relevées dans la littérature. De plus, des faiblesses observées dans la documentation et la protocolisation de son utilisation soulèvent des enjeux de traçabilité et de gestion de risques au CHU de Québec.

En raison de l’état actuel des connaissances, l’UETMIS recommande au CHU de Québec de restreindre l’utilisation du sulfate de calcium imprégné d’antibiotiques pour le traitement des ostéomyélites ou des infections confirmées ou suspectées d’implants chirurgicaux incluant les neurostimulateurs, et ce, dans le cadre d’une pratique innovante. Le recueil de données d’efficacité et d’innocuité est suggéré afin de réévaluer ultérieurement la pertinence et la sécurité de son utilisation. L’UETMIS recommande également le développement et l’implantation au CHU de Québec d’un protocole commun de préparation et d’une procédure de documentation de l’utilisation du sulfate calcium imprégné d’antibiotiques. L’utilisation du sulfate de calcium imprégné d’antibiotiques en prophylaxie des infections du site opératoire n’est pas recommandée à moins que cette pratique soit effectuée dans le cadre d’un projet de recherche clinique visant à développer les connaissances.
 

Dernière révision du contenu : le 22 février 2018

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