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Un projet local pour des économies globales

1 novembre 2016

En juin dernier, il a fallu faire preuve d’ingéniosité pour faire entrer des équipements surdimensionnés.

Le projet d’efficacité énergétique commencé en septembre 2015 à l’Hôpital Saint-François d’Assise est sur le point de se terminer. Réalisé à 90 %, ce chantier d’envergure a touché les systèmes d’éclairage, de chauffage, de climatisation et de production d’eau chaude domestique. Il ne reste qu’à compléter l’optimisation de la ventilation et procéder à la récupération de chaleur en divers endroit de l’hôpital. L’ensemble de l’œuvre, incluant les derniers réglages et les mises en service des équipements installés, devrait être achevé en avril 2017.
 

Des résultats quasi immédiats

En date du 1er novembre 2016, ce sont près de 150 000 $ d’économies qui ont été réalisées depuis le début du projet. En termes de quantité d’énergie, on parle de 16 000 gigas joules soit la consommation annuelle de près de 190 maisons unifamiliales situées au Québec.
 
Patrick Gaudreau-Wong, conseiller en bâtiment aux Opérations du bâtiment de la Direction des services techniques (DST), qui a la charge de ce projet depuis le début, explique que grâce notamment à l’installation de thermopompes et la conversion du système de chauffage de la vapeur vers l’eau chaude à basse température, on a l’objectif de diminuer de moitié la consommation de gaz naturel. « Avec l’ancien système, on avait énormément de pertes de chaleur entre les chaudières et les radiateurs qu’il fallait compenser, dit-il. Maintenant, nous avons beaucoup moins de pertes et un meilleur contrôle de la température, ce qui diminue la consommation d’énergie et assure un meilleur confort pour les patients et les employés. Mieux, avec la récupération de chaleur grâce aux thermopompes qui nous permettent de produire de l’eau chaude domestique, on diminue aussi notre consommation de gaz naturel puisqu’on a moins besoin d’en utiliser pour produire de la chaleur, les équipements fonctionnant à l’électricité, une énergie renouvelable. Ces économies, plus celles que l’on réalise en diminuant nos coûts d’entretien, peuvent être réinvesties ailleurs, notamment au bénéfice des patients. Et en plus, on réduit notre empreinte carbone. »
 

Collaboration et communication 

L’entreprise de services écoénergétiques Ecosystem a exécuté les travaux à l’HSFA, celle-là même qui a mené à terme les chantiers d’efficacité énergétique du CHUL, de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus (HEJ) et de l’Hôpital du Saint-Sacrement (HSS). En vertu d’un contrat clé en main, Ecosystem a assumé également la responsabilité des performances énergétiques et financières des projets. « Cette formule comporte de gros avantages pour nous, constate Patrick Gaudreau-Wong. Outre les garanties financières, c’est l’entreprise qui prend en charge, à ses frais et à ses risques, tous les problèmes qui peuvent exister sur un chantier, notamment avec les sous-traitants étant donné qu’elle est conceptrice et maîtresse d’œuvre lors de l’exécution des travaux. On a une excellente collaboration avec les gens d’Ecosystem. Avec l’expérience qu’ils ont dans nos hôpitaux, ils comprennent très bien l’environnement et les contraintes liées aux soins. Ils ont été très respectueux du bien-être de nos patients. » Cette collaboration se poursuivra tout au long de la mise en service des équipements et des contrôles, autant sur le plan de la calibration des systèmes que sur celui de la formation du personnel de la DST qui en assurera l’entretien.
 
Dans un tel projet, on devine qu’au-delà des défis représentés par la sécurité, dont celui de la prévention et du contrôle des infections, il était indispensable de relever celui de la communication. Ce qui n’a pas dû être toujours évident puisqu’il a fallu, entre autres changer, plus 430 calorifères dans l’Édifice B où l’on retrouve plusieurs unités de soins. « Je pense que la communication, c’est la base de tout, affirme Patrick Gaudreau-Wong, surtout avec le secteur clinique, même si 90 % des interventions ont été réalisées dans les secteurs techniques comme les salles mécaniques, la chaufferie et les tunnels de service. Dans les secteurs plus sensibles, la compréhension de ce qu’on faisait et la collaboration des gens qui y travaillent sont indispensables. Ce que j’ai appris, c’est que dès qu’une communication était mal faite, la réaction était immédiate : on nous appelait pour savoir ce qui se passait. Mais, ce n’est pas arrivé souvent. On avait des rencontres hebdomadaires avec les services concernés, on diffusait toutes les semaines des informations sur ce qui s’en venait. On le faisait aussi conjointement avec d’autres projets qui pouvaient avoir une incidence sur les soins aux patients, comme celui de la restauration des façades. On n’avait pas le choix de tenir ces rencontres, à une fréquence rapprochée, sinon, on risquait d’en échapper : dès qu’on fermait une chambre, on avait un impact sur l’accessibilité aux soins. »
 
En combinant fréquence, rigueur, proximité et disponibilité, Patrick Gaudreau-Wong et son complice Carol Cloutier, technicien en bâtiment à la planification, programmation et gestion des espaces à la DST, ont établi un modus operandi en matière de communication de chantier qui a tout du modèle à suivre.
 

Une approche globale, durable et payante! 

Le projet d’efficacité énergétique de l’HSFA a requis un investissement de l’ordre de 10,55 M$, dont 35 % ont été financés par Hydro-Québec, Gaz Métro, le Bureau de l’efficacité et de l’innovation énergétiques ainsi que par le ministère de la Santé et des Services sociaux. Le CHU de Québec-Université Laval (CHU) a financé la balance, entre autres par son budget de maintien d’actifs, balance qui s’amortira toutefois sur 10 ans, puisqu’on prévoit des économies de l’ordre de 640 000 $ par année.
 
Ce projet est une autre manifestation concrète de la volonté du CHU de Québec-Université Laval (CHU) de minimiser ses dépenses et de donner l’exemple d’une institution citoyenne en matière de consommation et de production d’énergie, donc de développement durable. Avec, bien entendu, les bénéfices financiers et environnementaux qu’il peut en retirer.
 
Les résultats obtenus en 2015 dans les autres hôpitaux du CHU où ont été réalisés de tels projets parlent d’eux même. Pour l’Hôpital de l’Enfant-Jésus et l’Hôpital du Saint-Sacrement, c’est l’équivalent de la consommation annuelle d’énergie de près de 1130 maisons unifamiliales qui a été économisée, soit plus de 96 300 giga joules, une réduction d’énergie de 24 % par rapport à 2012-2013.
 
Le CHUL a, pour sa part, diminué sa consommation de l’équivalent de près de 1700 maisons, soit de 145 1007 gigas joules pour une réduction d’énergie de 36 % par rapport à 2011-2012.
 
En ce qui concerne, les gaz à effet de serre, sur la base d’une estimation effectuée pour un véhicule parcourant 15 000 km par année et consommant 9 litres aux 100 km, l’HEJ et l’HSS ont évité l’émission de 4713 tonnes équivalent CO2, soit le retrait de 1450 voitures du trafic. Ils ont baissé leurs émissions de 38 % par rapport 2012-2013.
 
Le CHUL a aussi performé comme un champion puisqu’il a évité la diffusion dans l’atmosphère de 8201 tonnes équivalent CO2 qui représentent le retrait de la circulation 2599 voitures. Ses émissions de CO2 ont été réduites de 67 % par rapport à 2010-2011.
 
Ces projets, réalisés localement et pensés globalement, si l’on veut se référer à certains grands principes du développement durable, ont aussi un impact indéniable sur la qualité des soins. Outre une amélioration des équipements, plus sécuritaires, et du confort par un meilleur contrôle de la température ambiante, ils profitent à l’ensemble des activités de notre CHU de par les économies qu’ils génèrent puisqu’une partie de ces sommes peuvent être consacrées aux soins et aux services. Elles traduisent éloquemment la contribution de Patrick-Gaudreau-Wong et de ses collègues de la Direction des services techniques à l’amélioration de l’expérience patiente, notre priorité.

Dernière révision du contenu : le 16 novembre 2016

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