Contenu de la page.

Premières lignes directrices sur le don d’organes après décès chez les patients pédiatriques

10 novembre 2017

Les lignes directrices canadiennes sur le don d’organes après décès cardiocirculatoire, en situation contrôlée, en milieu pédiatrique (DDCp) ont été publiées le 3 novembre dernier dans la revue Pediatric Critical Care MedicineUne équipe dirigée par le Dr Matthew Weiss du CHU de Québec-Université Laval a préparé les présentes lignes directrices de pratique clinique axées précisément sur la clientèle pédiatrique en s’appuyant sur un processus rigoureux.

Étant donné l’absence de lignes directrices nationales ou internationales portant sur le DDCp, la Société canadienne du sang a lancé cette initiative dans le cadre de son mandat d’élaboration de lignes directrices de pratique clinique, en plus de fournir de l’expertise et d’assurer la coordination ainsi que le financement du projet. 

Inspiré par un cas tragique où le don n’avait pu être offert à une famille dans son hôpital, le Dr Weiss, directeur médical pour le don d’organes chez Transplant Québec et pédiatre intensiviste au Centre mère-enfant Soleil du CHU de Québec – Université Laval, a décidé de piloter cette initiative.

« Tout a commencé par l’histoire d’une patiente et d’une famille dont je m’occupais en 2013. Lorsqu’il est devenu évident que l’enfant allait succomber à la maladie, son père a demandé si sa fille pourrait faire don de ses organes afin d’aider d’autres patients, raconte le Dr Weiss. À l’époque, nous ne disposions pas des ressources ni de l’expertise nécessaires pour soutenir le don après décès selon des critères circulatoires en pédiatrie, et j’ai dû dire non. La vive déception de cette famille qui se voyait ainsi privée d’une possibilité de trouver un sens à la mort de son enfant grâce au don m’a motivé à collaborer avec la Société canadienne du sang pour la rédaction de ces lignes directrices. Notre équipe de rédaction s’est donné comme objectif de rendre ce type de don accessible à tous les enfants et à leurs familles au Canada. »

L’équipe du projet a mis au point ces lignes directrices grâce aux efforts conjugués de représentants d’unités de soins intensifs pédiatriques et néonatales ainsi que de représentants de la Société canadienne de pédiatrie, de la Société canadienne du sang, de la Société canadienne de transplantation, de la Société canadienne de soins intensifs et de l’Association canadienne des infirmiers/infirmières en soins intensifs. Ce long processus, amorcé en octobre 2014, a impliqué de vastes consultations auprès d’experts cliniques du milieu du don d’organes au Canada.

« Très peu de pays disposent de lignes directrices portant précisément sur les patients pédiatriques. Pour ces patients, la plupart des pays utilisent des éléments du processus de don propre aux adultes. La présente initiative découle d’un besoin exprimé par le milieu des soins intensifs. Les professionnels des soins intensifs souhaitaient obtenir des lignes directrices qui seraient axées sur les enfants et qui les aideraient à aborder avec sensibilité les besoins des familles endeuillées. Il était donc très important que des représentants des familles de donneurs participent à la rédaction », indique Amber Appleby, directrice associée pour le don provenant de personnes décédées à la Société canadienne du sang.

Concrètement, ces recommandations permettront en premier lieu d’offrir à plus de familles éprouvées par la mort d’un enfant la possibilité du don d’organes, un geste riche de sens et, en deuxième lieu, elles mèneront à un accroissement du don d’organes, redonnant ainsi espoir à d’autres enfants en attente d’un organe qui leur sauvera la vie. Les lignes directrices peuvent également servir de modèle pour de nouvelles recommandations de pratique clinique dans le domaine du don après décès. 

Dernière révision du contenu : le 15 novembre 2017

Signaler une erreur ou émettre un commentaire