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Évaluation des pratiques de sédation-anesthésie et de l’usage des clips hémostatiques

20 novembre 2019

L’organisation des pratiques de sédation-anesthésie lors des examens d’imagerie par résonance magnétique en pédiatrie et la pertinence de l’usage des clips hémostatiques lors d’une intervention endoscopique digestive basse avec exérèse de polypes sont les thèmes abordés dans deux nouvelles publications de l’UETMIS.
 
Organisation des pratiques de sédation-anesthésie lors des examens d’imagerie par résonance magnétique en pédiatrie
L’utilisation de l’imagerie par résonance magnétique (IRM) en pédiatrie pour le diagnostic et le suivi de plusieurs indications est en forte croissance. La réalisation d’un examen d’IRM peut être difficile à tolérer pour de jeunes enfants en raison de la nécessité de rester immobile dans un espace restreint et bruyant pendant une période variant en moyenne de 20 à 60 minutes. Des procédures de sédation-anesthésie sont par conséquent fréquemment utilisées afin de terminer l’examen et d’acquérir des images de bonne qualité. Les procédures de sédation-anesthésie mobilisent plusieurs ressources matérielles et professionnelles spécialisées en radiologie, en anesthésie de même que pour la préparation des enfants et leur surveillance après l’examen. L’Unité d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé (UETMIS) a été sollicitée par le Service d’imagerie médicale afin de déterminer si l’organisation des pratiques de sédation-anesthésie lors d’examens d’IRM en pédiatrie devrait être modifiée.
 
Dans le cadre de la présente évaluation, des entrevues avec des professionnels du CHU de Québec-Université Laval (CHU), une revue systématique de la littérature sur les recommandations de bonnes pratiques et sur l’innocuité des procédures de sédation-anesthésie en IRM pédiatrique de même que des enquêtes auprès d’autres hôpitaux canadiens ont été menées. Des parents ont également été rencontrés pour connaître l’expérience vécue lors de l’examen d’IRM de leur enfant au CHU. Peu d’informations quant au niveau de sédation à privilégier en fonction de l’âge des enfants ou d’autres critères sont disponibles dans les guides de pratique et les lignes directrices recensés. L’analyse des données recueillies indique également que les procédures de sédation-anesthésie ne sont pas sans risque. Depuis les trois dernières années, le nombre de requêtes pour une IRM pédiatrique est en augmentation au CHU avec plus de 3 500 annuellement. Environ 18 % de l’ensemble des examens d’IRM en pédiatrie sont réalisés avec une sédation-anesthésie sous la responsabilité d’un anesthésiologiste, dont 75 % chez des enfants de quatre ans et moins. Au CHU, plusieurs enjeux organisationnels liés à la coordination des ressources en radiologie, en anesthésie et en médecine de jour de même qu’à la sécurité des procédures de sédation-anesthésie ont été soulevés par les informateurs clés. L’enquête de pratique dans les centres hospitaliers canadiens et québécois a permis de constater que les pratiques organisationnelles et cliniques entourant la réalisation des IRM en pédiatrie sont largement diversifiées, certains centres hospitaliers privilégiant la sédation modérée réalisée par une équipe de sédation. Des solutions de rechange à la sédation-anesthésie sont également utilisées dans plusieurs centres ayant participé à l’enquête pour des groupes d’âge ciblés alors que ces options ne sont pas disponibles au CHU. L’enquête réalisée sur l’expérience patient a permis d’identifier des éléments de la trajectoire qui pourraient être améliorés au CHU, notamment en ce qui a trait aux informations sur le déroulement de l’IRM et sur la présence lors de l’induction souhaitée par certains parents.
 
En considérant l’ensemble des données probantes recueillies, l’UETMIS recommande de diminuer le recours à la sédation-anesthésie par l’implantation d’interventions non pharmacologiques pour la réalisation d’IRM chez les enfants. Il est également recommandé de réviser le processus de réalisation des IRM en pédiatrie qui requièrent une sédation-anesthésie afin d’en améliorer l’accessibilité et la fluidité.
 
Pour lire le rapport complet : https://www.chudequebec.ca/getmedia/21f91189-c714-4e16-9d28-b7be100b3d9d/RAPPORT_09_19_IRM_pediatrie.aspx
 
Pour consulter les autres publications de l’UETMIS : https://www.chudequebec.ca/professionnels-de-la-sante/evaluation/publications.aspx
 
 
 
Évaluation de l’usage des clips hémostatiques lors d’une intervention endoscopique digestive basse avec exérèse de polypes
Au CHU de Québec-Université Laval (CHU), un nombre important de coloscopies est effectué annuellement. Des polypes colorectaux sont fréquemment détectés lors de cet examen et ceux-ci seront généralement réséqués pendant l’intervention. Une faible proportion des résections de polypes colorectaux est associée à des saignements immédiats ou même retardés de plusieurs jours après la polypectomie. Plusieurs méthodes peuvent être utilisées pour contrôler ces saignements, dont l’utilisation de clips hémostatiques. Toutefois, l’usage systématique de clips en prophylaxie du risque hémorragique post-polypectomie est controversé. En raison des coûts associés à l’utilisation des clips hémostatiques, la Direction clientèle-ophtalmologie et services ambulatoires spécialisés a sollicité l’Unité d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé (UETMIS) du CHU afin d’évaluer l’efficacité et l’innocuité des clips hémostatiques pour prévenir les saignements tardifs post-polypectomie.
 
Les données probantes disponibles suggèrent que l’usage systématique de clips hémostatiques en prophylaxie ne permet pas de réduire le taux de saignements tardifs post-polypectomie. Toutefois, une utilisation ciblée pour les patients à risque élevé de saignements pourrait être bénéfique, notamment en présence de lésions colorectales de grande taille (supérieure ou égale à 20 mm) ou d’un traitement antithrombotique. Les données révisées suggèrent que l’utilisation des clips hémostatiques est une pratique sécuritaire qui s’accompagne rarement d’événements indésirables graves. Une enquête menée auprès des gastro-entérologues du CHU et des autres centres hospitaliers universitaires du Québec révèle que l’utilisation de clips hémostatiques en prophylaxie n’est pas une pratique courante pour la plupart d’entre eux, mais réservée aux lésions à risque hémorragique élevé. Au CHU, l’analyse de données collectées au cours d’une période de deux mois indique que plus de la moitié des clips utilisés à visée prophylactique l’était pour des polypes colorectaux de petite taille (inférieure à 10 mm). De plus, les indications relatives à l’usage de clips hémostatiques ainsi que le modèle et le nombre étaient rarement documentés dans le dossier médical du patient.
 
En considérant l’ensemble des données disponibles, l’UETMIS recommande aux médecins ayant une pratique en coloscopie au CHU de réserver le recours à l’usage prophylactique de clips hémostatiques post-polypectomie pour les patients à risque hémorragique élevé et en particulier en cas d’exérèse de polypes de grande taille. De plus, il est recommandé à la Direction clientèle-ophtalmologie et services ambulatoires spécialisés, aux responsables clinico-administratifs des unités d’endoscopie et aux médecins ayant une pratique en coloscopie d’identifier, de collecter et de suivre des indicateurs relatifs à l’utilisation des clips hémostatiques et au suivi des événements hémorragiques cliniquement significatifs liés à la coloscopie au CHU.
 
Pour lire le rapport complet : https://www.chudequebec.ca/getmedia/1d571404-ac5e-416a-9750-fa9b39123232/RAP_08_19_Clips_hemostatiques.aspx
 
Pour consulter les autres publications de l’UETMIS : https://www.chudequebec.ca/professionnels-de-la-sante/evaluation/publications.aspx
 

Dernière révision du contenu : le 20 novembre 2019

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