Choisir autrement





Par Isabelle Richer, membre du comité de rédaction - 1er avril 2022
 
Question posée par un petit bonhomme du haut de ses trois pommes: « pourquoi les gens ont tout sali la Terre? ». Il serait plus simple de répondre à : pourquoi le ciel est bleu? N’empêche que la grande conclusion de la discussion qui s’ensuivit est que plusieurs personnes, depuis plusieurs années, n’ont pas regardé plus loin que le bout de leur nez. Non! Ils n’ont pas fait exprès de tout salir, ils ne savaient pas qu’une petite mauvaise décision additionnée à plusieurs autres pouvait avoir de grandes conséquences. Pour le petit bonhomme, faire un mauvais choix sur la base du manque de connaissances ne fait pas de sens. Évidemment que tout le monde sait qu’il importe de recycler le papier, d’utiliser des sacs recyclables et des contenants réutilisables, de jeter les masques dans la poubelle et non par terre et de ne pas gaspiller la nourriture.
 
Sans être fins connaisseurs de l’étude des écosystèmes, pour un peu que l’on soit attentif aux nouvelles environnementales ou que l’on fréquente un établissement d’enseignement ou de travail, il est aujourd’hui difficile de plaider l’ignorance quant à l’impact des gestes individuels et collectifs sur la santé de notre environnement immédiat. Des groupes citoyens s’informent, s’organisent et s’invitent dans les sciences de l’environnement pour mieux comprendre la portée des gestes collectifs. Près de nous, par exemple, des voix s’élèvent pour réclamer la protection des voies respiratoires des résidents de Limoilou. Déjà considéré comme l’un des plus pollués, ce quartier de la ville de Québec pourrait exposer ses résidents à davantage de polluants si l’intention des hautes instances québécoises de rehausser la norme quotidienne de concentration de nickel dans l’air se concrétisait. Experts, élus et groupes citoyens prennent du temps d’antenne, noircissent des pages et ouvrent le débat en un front commun qui se dresse contre la multiplication des nanogrammes au service de la vigueur économique. Sulfate ou sulfure, effets nocifs, voire même cancérigènes soupçonnés, les citoyens calculent les coûts sanitaires d’un choix économique. Ils mesurent la qualité de l’air qu’ils respirent au quotidien pour constituer une banque de données et directement contribuer à la science. Ce faisant, ils se donnent des arguments objectifs afin de contribuer au débat et revendiquer une meilleure qualité de l’air de leur quartier. Au-delà du désir de comprendre, ils collaborent, se mobilisent et se manifestent afin de maintenir un environnement sain de manière durable, pour les citoyens actuels et ceux à venir. Ces initiatives citoyennes finissent par forcer la main des organisations qui doivent alors proposer des projets socialement et écologiquement acceptables en électrifiant les transports, changeant le visage des villes en incluant des infrastructures cyclables et piétonnes, bâtissant selon des normes de construction durable, réduisant les îlots de chaleur et valorisant même les déchets thermiques d’un incinérateur pour approvisionner un complexe hospitalier en énergie.
 
La question de départ s’intéresse aux gestes et aux choix éclairés puis au pouvoir d’influence citoyen qui guide les décideurs. Il n’est pas récent que les scientifiques éduquent sur les impacts de nos choix de consommateurs au quotidien, pas plus qu’il n’est nouveau que des groupes embrassent des causes environnementales pour faire changer le cours de décisions. Par contre, il est maintenant de plus en plus d’usage que chaque geste de consommation de biens ou de ressources soit remis en question dans les foyers, les écoles, les lieux de travail et que le développement durable et l’écologie aient à ce point le haut du pavé dans nos préoccupations. Spiritualitésanté propose une réflexion sur les motivations profondes qui sous-tendent cette modification dans la hiérarchie de nos préoccupations, autres que les faits troublants, la peur d’y perdre la santé ou l’angoisse que dame Nature sorte de ses gonds. Et si l’engagement citoyen à prendre soin de l’environnement exprimait le souci de l’autre, le désir de vivre en harmonie et la conscience d’être indissociable d’un tout?




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