Août 2020 | 5 titres à découvrir




 

ÊTRE FACE À LA RUE
Lapointe, Jean-Marie
Montréal, Libre Expression, 2017, 160 pages

Nous avons tous, un jour ou l’autre, regardé ailleurs en croisant un itinérant dans la rue. Par malaise ou par indifférence. Il n’est pas facile de regarder la misère en face. Pour nous qui vivons confortablement, ceux qui traînent toute leur vie dans un sac vert, les yeux vides, sans argent et sans abri, représentent les bas-fonds de l’humanité. Et pourtant, comme le dit Jean-Marie Lapointe dans ce livre, la ligne est mince entre eux et nous. Quelques coups durs de la vie, une dépendance à la drogue, au jeu ou à l’alcool, un problème de santé mentale, et voilà que du jour au lendemain, un homme ou une femme peut se retrouver à la rue.

Après avoir animé la série Face à la rue diffusée à la chaîne Moi & Cie, Jean-Marie Lapointe a poursuivi sa réflexion sur l’itinérance en rassemblant l’essentiel de certains témoignages qui l’ont particulièrement marqué. « Il faut être fort émotionnellement et physiquement pour affronter jour après jour le froid, la violence, l’intimidation, la prostitution, l’isolement et le mépris, écrit-il. Un enfer qui souvent pousse au suicide. »

Par de courts chapitres qui découpent la réalité de ceux qui n’ont plus rien à perdre, car ils ont déjà tout perdu, il nous invite à les aborder sans les juger, à les écouter sans avoir peur, à leur sourire avec tendresse, même si on n’a rien à leur donner. « Ils ont besoin d’entraide et d’amour, car ils évoluent dans un univers sombre où se côtoient prostitution et toxicomanie, sexe et survie, violence et larmes, désolation et mort. Une mort bien lente… » Ces témoignages troublants nous invitent à démasquer nos peurs et nos préjugés, à accueillir ces personnes avec ouverture et générosité. Dans leur dénuement, ils nous donnent souvent de grandes leçons de tolérance et de solidarité.
 

Écrit avec compassion et humanisme, ce livre propose un nouveau regard sur l’itinérance. « Nulle souffrance n’est vaine, conclut l’auteur, puisqu’elle porte en elle le germe de la libération. De soi et des autres. » – Claudette Lambert
 



 

TU COMPRENDRAS TA DOULEUR
Winckler, Martin et Alain Gahagnon
Paris, Fayard, 2019, 525 pages

 

Symptôme universel d’une souffrance physique, la douleur est souvent mésestimée et mal traitée à tous les niveaux du système de santé. Deux médecins généralistes formés à l’écoute des patients explorent ici les mécanismes de la douleur, ses manifestations et ses traitements. La douleur nous prévient que quelque chose ne va pas dans notre corps. Pourquoi ça fait mal et que faire pour que ça cesse? Qu’elle soit passagère ou durable, bénigne ou signe d’une maladie grave, la douleur parcourt le système nerveux jusqu’au cerveau, et c’est là qu’elle se fait entendre, parfois d’une façon insoutenable.

La douleur est indiscutable, affirment les auteurs de ce livre. C’est une expérience personnelle, intime et non comparable. Ses mécanismes sont complexes. Douleur passagère, chronique ou invalidante, elle nécessite de l’écoute et un accompagnement relationnel soutenus. Il faut prendre en compte tout ce que dit la personne souffrante.

Dans cet ouvrage, les auteurs décrivent les mécanismes de la douleur de manière scientifique, précise et imagée. En seconde partie, ils offrent un panorama des douleurs les plus fréquentes : céphalées, lombalgies, zona et autres. Ils abordent ensuite les divers traitements possibles, de l’effet placebo aux traitements médicamenteux, ainsi que les techniques de neurostimulation, la physiothérapie, l’accompagnement psychologique, la relaxation, l’hypnose et autres médecines alternatives. Ils nous rappellent une notion fondamentale dans le traitement de la douleur : le corps et l’esprit ne font qu’un! Voilà pourquoi l’attitude des soignants est d’une importance capitale. Cet ouvrage ratisse large. Il est destiné à toute personne qui souffre et à toutes celles qui soignent, car comprendre sa douleur est le premier pas pour s’en libérer.
 

Médecin, romancier et essayiste, Martin Winckler a publié plusieurs ouvrages dont Le médecin et le patient et Profession, médecin de famille aux Presses de l’Université de Montréal. Alain Gahagnon, spécialiste du traitement de la douleur, exerce au Centre de la douleur du Pôle Santé Sud au Mans. – Claudette Lambert
 



 

MA TÊTE, MON AMIE, MON ENNEMIE
Labonté, Alain et Florence Meney
Montréal, Trécarré, 2019, 256 pages

 

Quand je dis psychiatrie, à qui pensez-vous? Pour plusieurs, la psychiatrie renvoie à des personnages de films qui font peur et qui n’ont rien à voir avec les gens qu’on rencontre sur les unités de soins psychiatriques ou dans la vie. Le livre de M. Labonté et de Mme Meney dresse 12 portraits de personnes vivant avec des enjeux de santé mentale. Des gens qui ont un nom, une histoire, des gens inspirants. De plus, cet ouvrage met en valeur de nombreux professionnels et scientifiques œuvrant auprès d’eux et qui ont à cœur le mieux-être de ces personnes. Comme l’illustre le lampadaire de sa couverture, l’ouvrage veut apporter un éclairage particulier sur la santé mentale, démystifier ses traitements, reconnaître toute la dignité de la personne qui compose avec cette réalité. Ne cherchez pas ici des histoires d’horreur ou des récits de guérisons exceptionnelles. Ce livre est le parcours d’humains qui rencontrent d’autres humains dans toute leur vulnérabilité, c’est-à-dire dans toutes leurs vérités. – Isabelle Bisson
 




 

L’ÉTHIQUE RELATIONNELLE EN PSYCHOTHÉRAPIE
Lefebvre, Yves
Paris, Enrick B, 2019, 182 pages

Avec cet ouvrage, Yves Lefebvre s’intéresse aux conditions d’une relation soignante. Par relation soignante ou thérapeutique, l’auteur entend celle qui soutient le processus de subjectivation de l’autre dans le lien. Ce qui est visé ici, ce n’est pas la normalisation de la personne ou son bon fonctionnement dans la société, mais un accomplissement existentiel qui fasse place à la joie de l’être.

La question de l’éthique relationnelle sert de repère à l’accompagnement psychothérapeutique. Bien qu’il s’adresse d’abord à ceux qui exercent la psychothérapie et à ses aspirants, la première partie a l’avantage d’être pertinente pour tous les professionnels de la relation d’aide.

On y explore les bases philosophiques de l’éthique relationnelle, notamment la question de la présence et de l’écoute. Il s’agit d’une invitation à se rendre curieux de ce qui peut être induit par notre écoute chez l’autre et à prévenir ce qui peut parasiter son expérience. Il y explique que « la présence, pour qu’elle soit thérapeutique, suppose de tendre au meilleur de soi-même à ce moment-là. Difficilement atteignable, souvent inaccomplie et toujours à recommencer. C’est de se réorienter sans cesse vers cette forme de présence qui rend la relation thérapeutique ».

Les considérations abordées en seconde partie portent quant à elles davantage sur des questions de déontologie, notamment celles du cadre éthique, du secret professionnel, des relations virtuelles, des attestations ou encore de l’argent. Ici, pas de recettes toutes faites mais davantage une réflexion sur comment le souci éthique peut nous aider à demeurer vigilant à tous les paramètres qui permettront que la relation devienne soignante. C’est, au final, une synthèse accessible qui donne des pistes pour faire évoluer sa pratique. – Mylène Brunet
 



 
EXPÉRIENCES DE VIE IMMINENTE
Theillier, Patrick
Montréal, Novalis, 2019, 255 pages
 
Ce livre est le deuxième ouvrage du Dr Patrick Theillier sur les expériences de mort imminente (EMI); son premier livre sur ce sujet ayant connu un grand succès, l’auteur a voulu pousser plus loin sa réflexion sur ces phénomènes afin d’approfondir leur authenticité et voir quels sont les enseignements qu’on peut en tirer entre « la foi et la raison ».
 
Le docteur Theillier fut, pendant plus de 10 ans, directeur du Bureau des constatations médicales du sanctuaire de Lourdes. Le fait qu’il soit un membre de la communauté scientifique capable de discerner l’authenticité des expériences rapportées procure une solide crédibilité à son livre; ceux qui tentent de relayer les EMI au rang de phénomènes paranormaux peuvent aller se rhabiller! Mais l’auteur ne s’en tient pas uniquement à l’aspect scientifique; il aborde également ces témoignages sous un angle théologique, n’hésitant pas à dresser des parallèles entre les EMI et certains éléments de la foi chrétienne. « L’interprétation des EMI est complexe, dit-il, on est aux frontières de la vie et de la mort, du visible et de l’invisible, entre le matériel et l’immatériel, le physiologique et le spirituel…».

L’auteur s’appuie sur sa foi lorsqu’il affirme que les EMI pourraient être des manifestations divines destinées à attirer l’attention de notre monde sur l’existence véritable de la vie après la mort, « en ces temps qui courent où le surnaturel est soit ignoré, soit dévoyé ». – Claude Couillard



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Dernière révision du contenu : le 1 décembre 2020

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