Avril 2020 | 6 titres à découvrir




 

LE CHOIX DE L’HEURE

Des Aulniers, Luce et Bernard J. Lapointe
Montréal, Somme toute, 2018, 295 pages

Ce livre est un dialogue entre une anthropologue et un médecin sur 40 mots clés autour d’un sujet dont se nourrissent généreusement les médias : la demande d’aide à mourir. L’ouvrage est accessible à tous les professionnels de la santé et les bénévoles; sur un ton familier, c’est en quelque sorte un échange entre deux amis sur le sujet de l’heure, c’est-à-dire, le choix de l’heure : l’euthanasie consentie.

Luce Des Aulniers est docteur d’État en anthropologie, professeur émérite de l’UQAM et membre du Centre de recherche et d’intervention sur le suicide, enjeux éthiques et pratiques de fin de vie (CRISE). Bernard J. Lapointe est médecin et s’intéresse depuis les années 1980 aux soins palliatifs. Professeur agrégé à l’Université McGill, il a travaillé avec le Dr Balfour Mount à l’Hôpital Royal Victoria et à l’Hôpital général juif.

Les deux auteurs sont bien connus des milieux de soins palliatifs du Québec. Leur échange dévoile et interroge les enjeux, les contradictions, les paradoxes et les défis que porte la société devant le déploiement du mouvement pour la mort volontaire.

Leurs réflexions remettent en question les fondements de la posture québécoise qui prétend que l’aide médicale à mourir (AMM) serait un « soin médical » approprié en fin de vie. À tous les professionnels de la santé, et plus largement à tous les citoyens du Québec qui pensent que l’adoption, en juin 2014, de la Loi concernant les soins de fin de vie est la plus belle chose qui soit arrivée au Québec, la lecture de ce livre ne vous laissera pas indifférents. Les théoriciens des soins de fin de vie du Collège des médecins du Québec devront considérer cet ouvrage, rendu nécessaire au moment où la ministre Danielle McCann se voit dans l’obligation de réviser la Loi. Un livre à lire! – Réjean Boivin, Ph. D.
 




 

LE MAL QUI VIENT

Castel, Pierre-Henri
Paris, Cerf, 2018, 128 pages

Pourquoi écrire un tel essai philosophique? Pierre-Henri Castel, philosophe, historien des sciences et psychanalyste, précise être conscient que son essai ne fait pas seulement que « dire » quelque chose, mais qu’il « fait » aussi quelque chose en le disant. Il rappelle que notre espèce s’empare chaque année de 70 % de la biomasse des matières organiques; retire du sol en énergie fossile ce qu’il faut 500 à 1000 ans à la chimie naturelle pour se reconstituer; engouffre un million d’hectares de forêts tropicales humides avec des conséquences fatales pour la biodiversité et le climat, etc. L’auteur illustre concrètement et avec certitude comment le progrès, la raison, la liberté individuelle et l’autonomie ont une lourde et réelle conséquence : un processus lent et inéluctable de l’anéantissement des êtres humains. Imminence de la fin historique de la civilisation qu’il nomme l’apocalypse sans royaume! À ce « Mal qui vient » y a-t-il un bien à opposer? La question est explorée en profondeur. L’auteur traite du refus de tomber dans la peur, de l’éveil des consciences, du désespoir, du pessimisme, de la lucidité. Il tente au passage de débusquer les fondements du climato scepticisme et explore par sa réflexivité critique comment nos sociétés – imprégnées de sciences et de rationalité – peuvent se dissimuler à elles-mêmes ce « Mal qui vient ». La vertu d’être inintimidable est une idée maîtresse à laquelle le lecteur s’accroche. Ce sont 127 pages de lecture-choc qui nous plongent à la toute fin dans l’idée qui a probablement vu naître cet essai : les puissants, ceux qui en profitent, le savent eux! Un essai philosophique nécessaire, pour le moins dérangeant et dont la dernière phrase laisse pantois. – Yves Rochette
 




 

SAMEDI TOUS LES JOURS

Francoeur, Pierre
Montréal, Médiaspaul, 2019, 120 pages

Voici un petit livre intéressant sur un sujet qui parfois fait rêver ou parfois fait un peu peur : la retraite! Divisé en très courts chapitres de trois à quatre pages chacun, rédigé sur un ton de confidence, ce livre propose quelques réflexions sur différents aspects de la retraite – le temps, l’intériorité, le lâcher-prise, les engagements, l’amitié, le bonheur, etc. Chaque chapitre se termine par une courte prière. Pour ma part, j’ai beaucoup aimé les chapitres Héritage – dans le sens de l’héritage spirituel – Faire plaisir – contribuer au bonheur des autres donne du sens et de la saveur à mes jours – et Être un cadeau – devenir « un cadeau » pour les autres par mes attitudes bienveillantes, ma joie, mon optimisme. Si vous arrivez à cette étape de votre vie et avez envie de réfléchir un peu sur ce qu’elle vous réserve, ce petit livre qui se lit en quelques heures est pour vous! – Claude Couillard
 




 

TU PEUX AVOIR CONFIANCE

Grün, Anselm
Paris, Salvator, 2018, 144 pages

Comment comprendre et traverser la maladie et ultimement la fin de vie? Anselm  Grün, moine bénédictin bien connu, nous partage son expérience de la maladie et d’accompagnant des personnes malades. Il s’adresse au chrétien confronté à la maladie dans son humanité, ses questionnements, sa recherche de sens. Il propose également à ceux et celles qui le visitent une perpétuelle introspection afin de rester ajustés dans nos paroles, nos silences et nos rituels. Avec bienveillance, il invite à faire face à la maladie, à nommer les peurs et les inquiétudes, à écouter, à comprendre et respecter le rythme du souffrant. Tu peux avoir confiance permet d’engendrer l’espoir et l’apaisement en se faisant proche. Concrètement, les pistes d’intervention suggérées mettent en scène souvent nos mains et celles du malade : mains qui accueillent, reçoivent, donnent, déposent, enveloppent, imposent… En fin de parcours, un carnet de prière et quelques rituels sont proposés. – Alain Dompierre
 




 

Du souci de soi au souci des autres

Grün, Anselm
Paris, Salvator, 2019, 177 pages

Ce livre est un véritable plaidoyer contre l’égocentrisme; se décentrer de soi pour se soucier de l’autre, ou comme le dit l’auteur dans son introduction, passer, dans l’échelle de nos préoccupations, « du Moi au Toi ». Anselm Grün, nous parle du souci dans son sens biblique; se soucier d’autrui, c’est d’abord se donner la chance de rencontrer Jésus lui-même. Se préoccuper de la détresse des autres est une attitude tout à fait contraire à l’indifférence et au « chacun pour soi »; c’est à la fois un dépassement de nos limites intérieures et un chemin de croissance. L’auteur nous rappelle notre responsabilité envers ceux qui, autour de nous, sont dans la détresse ou simplement en manque d’amour; le souci de l’autre est l’expression de l’amour du prochain. Puisque nous sommes faits pour vivre en société, n’avons-nous pas le devoir de prendre soin les uns des autres? N’est-ce pas là un chemin pour atteindre la plénitude de notre humanité? Chacun des courts chapitres de ce livre se termine par un rituel à accomplir, un peu comme une méditation sur les notions parcourues. C’est une lecture bienfaisante, qui nous invite à une ouverture du cœur. À mettre entre toutes les mains! – Claude Couillard
 




 

Le moment contemplatif

Lavigne, Jean-Claude 
Paris, Cerf, 2019, 244 pages

Et si l’expérience spirituelle faisait déjà partie de nos vies? Cette question affirmative, en 4e couverture, nous invite à la conscience, à l’expérience de Dieu. Tout se produit dans un jeu de regard. Un regard disposé. Un regard croisé. Regard qui vient de Dieu et se pose sur nous; regard qui part des humains et va vers Dieu. Un regard qui transforme. Expérience commune et extraordinaire, toute expérience n’est pas celle de Dieu. S’il y a parfois expérience sensible et heureuse, cela n’a aucune importance pour la vraie et juste relation avec Dieu et la conscience vive de sa Présence. Le discernement est de mise. Le chemin mystique est étroit et être accompagné est une nécessité, c’est le propos principal de la rédaction de cet ouvrage. À cet égard, l’Imprimatur devient gage de sécurité. En dépit d’une certaine pudeur, prudence opportune et sage en matière de mystique, l’auteur recense différents regards (chapitres) qu’il dédouble et intercale avec des chapitres « échos » où il invite, dans une formule plus libre, à percevoir Dieu au quotidien. S’il est un attribut de Dieu propre à la tradition judéo-chrétienne, c’est celui d’un dieu personnel qui entre en relation avec les humains, encore aujourd’hui. Le moment contemplatif s’inscrit dans cette longue Tradition toujours vivante. Il puise abondamment dans la richesse biblique qui lui sert de repère. Sa force réside dans l’éveil qu’il suscite et la sagesse qu’il tire de l’expérience des grands mystiques. Le livre, de facture catholique, est accessible à tout lecteur, chrétien ou non. – Jimmy Carbonneau




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Dernière révision du contenu : le 1 décembre 2020

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