Aux soins intensifs, survivre est une victoire. Retrouver sa force, son souffle et son autonomie en est une autre. C’est là que la physiothérapie entre en jeu dans ce secteur.
Depuis une dizaine d’années, les unités de soins intensifs du CHU de Québec-Université Laval (CHU) peuvent compter sur l’expertise de physiothérapeutes engagé(e)s et spécialisé(e)s, dont la contribution essentielle s’intègre naturellement aux soins offerts aux personnes hospitalisées.
Aux soins intensifs, les personnes admises sont souvent dans un état de santé critique. Plusieurs sont branchées à des appareils d’assistance respiratoire, alitées pendant de longues périodes ou affaiblies à la suite d’une chirurgie majeure, d’un traumatisme ou d’une maladie grave.
Dans ce contexte, chaque mouvement compte et prend toute son importance. Discret mais indispensable, le ou la physiothérapeute joue alors un rôle crucial dans le rétablissement de ces patient(e)s gravement malades.
La réadaptation au CHU ne commence pas après l’hospitalisation : elle commence dès les premiers jours au chevet du patient. C’est ce qu’on appelle la « réadaptation précoce ». En soins intensifs, la physiothérapie vise à aider la personne hospitalisée à préserver ou à retrouver ses capacités physiques et respiratoires dès les premières étapes de l’hospitalisation.
Dès le matin, le ou la physiothérapeute commence sa journée en consultant l’équipe médicale afin de comprendre l’état de santé de chaque personne sous sa responsabilité : niveau de vigilance, soutien respiratoire requis, douleurs, interventions prévues. Sur le terrain, cela peut vouloir dire ajuster la position d’une personne alitée pour faciliter sa respiration, faire asseoir la personne au bord du lit pour la première fois depuis plusieurs jours ou l’accompagner lors d’un transfert vers un fauteuil.
« La présence de l’équipe de physiothérapie depuis plusieurs années constitue un atout essentiel pour nos patients, en contribuant à offrir des soins optimaux tout en limitant les conséquences du déconditionnement acquis aux soins intensifs. » – Dr Jean-François Shields, médecin aux soins intensifs, Hôpital de l’Enfant-Jésus
Dans certains cas, des exercices respiratoires sont réalisés pour améliorer l’oxygénation ou dégager les poumons. Dans d’autres, l’entraînement vise une réadaptation fonctionnelle : même avec une ventilation mécanique toujours en place, les physiothérapeutes font marcher les patient(e)s! Ces quelques pas deviennent une victoire majeure, autant pour le ou la patient(e) que pour l’équipe multidisciplinaire. Simples en apparence, ces gestes sont en réalité le fruit d’une orchestration minutieusement planifiée, où chaque mouvement exige vigilance et adaptation ainsi qu’un travail d’équipe parfaitement synchronisé.
Pour une personne gravement malade, un simple lever peut représenter une étape majeure. L’immobilité prolongée entraîne rapidement une perte importante de force musculaire, d’endurance et d’autonomie. Grâce à une « mobilisation » précoce et bien encadrée, la physiothérapie contribue à limiter ces complications, à favoriser un rétablissement plus rapide et, dans bien des cas, à réduire la durée du séjour hospitalier.
Au-delà des interventions physiques, le ou la physiothérapeute offre aussi une présence humaine rassurante dans un environnement souvent stressant et intimidant. Ce sont dans ces petits gains quotidien – s’asseoir au bord du lit, se lever avec moins d’aide, marcher quelques pas ou encore respirer plus aisément –, où chaque jour compte, que la physiothérapie contribue à raviver la confiance et à donner une perspective positive à des personnes traversant une période particulièrement difficile aux soins intensifs.
Les soins intensifs reposent sur une collaboration étroite entre plusieurs professionnel(le)s de la santé. Le ou la physiothérapeute travaille quotidiennement avec les médecins, les inhalothérapeutes, le personnel infirmier, les ergothérapeutes et les préposé(e)s afin d’offrir des soins sécuritaires, coordonnés et centrés sur les besoins de chacun(e).
« En soins intensifs, les physios sont indispensables : pendant qu’on garde les patients en vie, eux s’assurent qu’ils puissent retourner marcher vers leur congé! Leur expertise fait une réelle différence dans le rétablissement des patients et contribue à réduire la durée d’hospitalisation. » – Jennifer Boissonnault, infirmière aux soins intensifs, Hôpital de l’Enfant-Jésus
Du côté de la pédiatrie
Du côté des soins intensifs pédiatriques, la physiothérapie occupe également une place essentielle. En complément des interventions réalisées auprès des adultes, le ou la physiothérapeute pédiatrique intervient afin de prévenir ou de limiter les atteintes au développement moteur pouvant résulter d’une hospitalisation prolongée, d’une immobilité importante ou d’interventions médicales majeures. Chez l’enfant, chaque période d’inactivité peut avoir un impact significatif sur le développement, ce qui rend le mouvement et la stimulation motrice d’autant plus cruciales.
« Le travail collaboratif entre les physiothérapeutes et les inhalothérapeutes aux soins intensifs permet d’optimiser la prise en charge des patients. La collaboration entre les deux équipes, notamment lors des mobilisations des usagers ventilés et du désencombrement bronchique, a amélioré la qualité et la continuité des soins, tout en favorisant des interventions sécuritaires et centrées sur le patient. » – Andrée-Ann, Gauthier-Deschênes, inhalothérapeute
L’implication des parents fait partie intégrante du processus de réadaptation. Une admission aux soins intensifs représente souvent une expérience bouleversante pour la famille, et la participation au premier lever ou aux premières « mobilisations » de leur enfant, accompagnées par le ou la physiothérapeute, constitue un moment marquant qui favorise la confiance, l’engagement et l’espoir. Chez les jeunes patient(e)s, la réadaptation passe fréquemment par le jeu, un outil thérapeutique privilégié qui permet de stimuler les mouvements tout en rendant l’expérience plus positive et adaptée à leur réalité.
Aux soins intensifs, la physiothérapie ne se limite pas à bouger. Elle redonne un espoir tangible vers le rétablissement et le retour à la vie quotidienne. Derrière chaque premier lever, chaque respiration plus facile et chaque retour progressif vers l’autonomie, se trouve un travail de réadaptation essentiel, rigoureux et profondément humain.
« La collaboration avec les physiothérapeutes aux soins intensifs contribue non seulement à la récupération physique, mais aussi à la qualité de vie et à l’amélioration du pronostic global des patients. » – Isabelle Miller-Félix, nutritionniste, et Virginie Turcotte, pharmacienne
Sur la photo principale : L’équipe de physiothérapeutes des soins intensifs de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus. De gauche à droite : Elyane Rodrigue, Marie-Ève Beaulieu, Elyse Genois et Joannie Julien.
Des physiothérapeutes travaillent également aux soins intensifs dans nos autres hôpitaux :
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à L’Hôtel-Dieu de Québec : Janik Dore, Mélissa Héon, Joannie Blais, Olivia Mercier.
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à l’Hôpital Saint-François d’Assise : Marie Vallée, Marie-Josée Dufour, Isabelle Paradis.
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Au CHUL (soins intensifs pédiatriques) : Gabrielle Côté et France Simard.