La kinésiologie : le mouvement au cœur de la santé

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Semaine nationale de la kinésiologie – 1er au 8 juin 2026

Quand on pense à la santé, on imagine souvent les médicaments, les traitements ou les rendez-vous médicaux. Pourtant, il existe un allié puissant, accessible et souvent sous-estimé : le mouvement. C’est précisément là qu’interviennent les kinésiologues.

Les kinésiologues sont des professionnels de la santé spécialisés en activité physique et en saines habitudes de vie. Leur rôle? Accompagner les personnes vers un mode de vie actif, sécuritaire et adapté à leur état de santé, que ce soit en prévention, en traitement ou en réadaptation. 

L’activité physique est un allié dans la trajectoire de soins. Pour le rester tout au long du parcours, encore faut‑il qu’elle soit bien dosée, bien comprise et intégrée au bon moment. 

Chaque personne a une histoire, un rythme, des défis et des objectifs qui lui sont propres. C’est pourquoi les kinésiologues adoptent une approche personnalisée, centrée sur la personne. En prenant le temps d’écouter, de comprendre le contexte de vie et de miser sur les forces de chacun(e), ils rendent l’activité physique accessible, réaliste et durable. 

Leur travail se fait aussi en étroite collaboration avec d’autres professionnel(le)s de la santé – médecins, personnel infirmier, physiothérapeutes, ergothérapeutes, psychologues, travailleuses et travailleurs sociaux, pharmacien(ne)s – afin d’offrir des soins cohérents et complémentaires.

Pour mieux comprendre toute la richesse de cette profession, partons à la rencontre de trois kinésiologues du CHU qui œuvrent dans des contextes cliniques bien différents, mais qui sont animées par la même conviction : bouger, c’est possible, peu importe l’état de santé, et ça peut transformer la qualité de vie!
 

Bouger pendant et après le cancer : l’accompagnement en oncologie

Au Centre des maladies du sein (CMS) de l’Hôpital du Saint Sacrement et au Centre intégré de cancérologie (CIC), Catherine Marier travaille auprès d’adultes ayant reçu un diagnostic de cancer. Les services d’accompagnement en activité physique sont offerts depuis plus de 12 ans au CMS et depuis l’ouverture du CIC, il y a quatre ans.

On le sait maintenant : l’exercice joue un rôle clé dans la tolérance aux traitements, la récupération après les interventions, la prévention de certaines séquelles et même la diminution du risque de récidive. 

Le rôle de Catherine consiste à soutenir les personnes dans le maintien de leur capacité fonctionnelle, de leur autonomie et de leur sentiment de compétence, là où elles sont rendues. En écoutant activement leurs besoins, leurs inquiétudes et leurs objectifs, elle les accompagne pour adapter, reprendre ou intégrer l’activité physique dans leur quotidien, malgré la fatigue, les effets secondaires et les changements corporels. 

Au CMS, les patientes ont aussi accès à des séances de conditionnement physique en groupe, en plus du suivi individuel. Elles peuvent ainsi se retrouver une à deux fois par semaine pour bouger dans un environnement sécurisant, motivant et bienveillant, et ce, jusqu’à six mois après la fin des traitements. Ces séances permettent non seulement de bouger, mais aussi de briser l’isolement et de créer un espace de soutien entre femmes vivant des réalités similaires.

Photo de Catherine Marier.
 

Kinésiologie pédiatrique et douleur chronique : quand bouger redonne confiance

Au CHUL, Geneviève Duchaine (photo principale) œuvre auprès de deux clientèles bien distinctes : les enfants et les adolescent(e)s atteint(e)s de cancer dans le cadre du Projet VIE, ainsi que les patient(e)s suivi(e)s au Centre d’expertise en gestion de la douleur chronique (CEGDC).

Le Projet VIE est un projet de recherche visant à démontrer la faisabilité et la pertinence d’intervenir sur les saines habitudes de vie chez les jeunes atteint(e)s d’un cancer. Geneviève supervise des séances d’activité physique sécuritaires et ludiques, adaptées à l’âge, à la condition médicale et au niveau d’énergie des jeunes.

L’objectif est clair : limiter le déconditionnement pendant les traitements et favoriser un développement moteur optimal malgré la maladie. Par crainte de complications ou en raison des effets secondaires, plusieurs familles limitent les activités physiques de la jeune personne atteinte de cancer. Pourtant, rester actif contribue au bien être physique et psychologique; cela encourage la participation future à des activités physiques tout au long de la vie.

Au CEGDC, Geneviève accompagne des personnes vivant avec de la douleur chronique et pour qui l’activité physique peut sembler intimidante. La peur de provoquer ou d’aggraver la douleur contribue souvent à l’évitement et à la sédentarité. Le travail de la kinésiologue consiste alors à aider les patient(e)s à reprendre confiance dans leur corps, à réintégrer graduellement le mouvement, à découvrir tous les bénéfices de bouger et à trouver des activités qui ont un sens pour eux (par exemple, recommencer à marcher pour pouvoir voyager ou retrouver des activités significatives ou sociales). 

Geneviève collabore étroitement avec les physiothérapeutes qui évaluent d’abord les déficiences et les limitations, puis avec d’autres professionnel(le)s comme les psychologues, les travailleuses et travailleurs sociaux ou les ergothérapeutes, selon les besoins. Cette approche interdisciplinaire permet de considérer la personne dans sa globalité.
 

Vivre mieux avec une MPOC : la réadaptation pulmonaire

À l’Hôpital Saint François d’Assise, Mélina Brochu est responsable d’un programme de réadaptation pulmonaire de 12 semaines destiné aux personnes atteintes de la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), dont l’objectif est d’améliorer leur qualité de vie au quotidien.

Le programme combine des capsules éducatives et des séances d’activité physique supervisées. Les participant(e)s y apprennent à mieux comprendre leur maladie, à reconnaître les bienfaits de l’activité physique et à développer des stratégies concrètes pour gérer leur souffle. Des thèmes comme le contrôle de la dyspnée, la physiopathologie de la MPOC, les techniques d’inhalation, les facteurs aggravants et l’importance de la vaccination sont abordés.

Sur le plan pratique, les patient(e)s s’entraînent en petits groupes en faisant de la marche, du vélo stationnaire et des exercices musculaires. Le rôle de Mélina va bien au-delà de l’animation des séances : elle réalise une évaluation individuelle des capacités physiques, du mode de vie et des attentes de chaque participant(e). Cela permet de faire progresser les exercices et leur intensité de façon sécuritaire, en fonction des besoins et objectifs de chacun(e).

Les bénéfices sont nombreux : amélioration de la tolérance à l’effort, diminution du risque d’exacerbations et d’hospitalisations, meilleure autogestion de la maladie et réduction de l’isolement. Plusieurs participant(e)s réalisent qu’ils sont capables d’en faire plus qu’ils ne le croyaient. Ce regain de confiance a un impact direct sur leur autonomie et leur niveau de bien-être.

Photo de Mélina Brochu.
 

La kinésiologie, un pilier du mieux être

Que ce soit en oncologie, en pédiatrie, en douleur chronique ou en réadaptation pulmonaire, la kinésiologie joue un rôle essentiel dans les soins de santé. En s’appuyant sur la science du mouvement et l’écoute de la personne, les kinésiologues au CHU contribuent concrètement à améliorer la qualité de vie, la fonction et la participation sociale.

Bouger, ce n’est pas toujours facile, mais parfois, ça change tout!

 


Commentaires



 

Voir les commentaires (4)
18 juin 2026

Bonjour Monsieur Cloutier,
Pour pouvoir profiter des services des kinésiologues du CHU, vous devez être référé par un médecin. Ils ne font de pas de programme d'entraînement pour les personnes qui ne sont pas inscrites comme patient(e) au CHU. Nous vous suggérons de vous renseigner auprès de votre gym local; les gyms ont normalement des entraîneurs qui peuvent vous préparer un programme. Bonne chance dans vos démarches!

Par Isabelle Roy pour Le Chuchoteur
18 juin 2026

Bonjour,
J'ai la MPOC, j'aimerais avoir une programme de conditionnement physique adapté à ma condition que je peux adapter au Gym de ma municipalité car je veux y retourner après plusieurs années d'absence à cause de la COVID

Par Yvan Cloutier
3 juin 2026

Merci pour votre message! Nous allons leur transmettre!

Par Isabelle Roy pour Le Chuchoteur
3 juin 2026

Bonjour, Je souhaite également mettre en lumière le rôle essentiel des kinésiologues au sein du service de néphrologie de l’HDQ. Leur engagement envers les patients est remarquable : elles travaillent avec dévouement à encourager et accompagner les patients en insuffisance rénale chronique, au stade d'hémodialyse, à adopter et maintenir une activité physique.
Leur contribution est précieuse, car elle participe non seulement à l’amélioration de l’état clinique des patients, mais aussi à leur qualité de vie au quotidien.

Par 83116


Dernière révision du contenu : le 1 juin 2026

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