Charles-Olivier brille toujours

Image.


Charles-Olivier était un adolescent lumineux, souriant, généreux, sensible, attentif aux autres… Mais la vie qui l’animait si fort s’est soudainement éteinte alors qu’il n’avait que 15 ans. Suivant sa volonté et leurs propres convictions, ses parents ont choisi de faire don de ses organes.

« Pendant la pandémie, avec mon conjoint et nos deux garçons, Louis-Antoine et Charles-Olivier, nous avions pris l’habitude de souper devant la télévision pour écouter François Legault. Un soir du mois d’avril, pendant la semaine du don d’organes, il y a eu un reportage aux nouvelles sur Transplant Québec. J’en ai profité pour dire à ma famille que je voulais donner mes organes si un jour j’étais en situation de le faire. Nous en avons discuté et chacun a dit "moi aussi" », relate Annie Bilodeau. 

Deux semaines plus tard, le malheur frappe : Charles-Olivier est victime d’une rupture d’anévrisme et se trouve en état de mort cérébrale. Annie et Jean-Philippe, ses parents, n’hésitent pas un seul instant. « On a dû prendre cette décision alors que tout allait vite, mais le terrain était préparé et on savait qu’on suivait les volontés de notre fils. Quand j’ai entendu « mort cérébrale », c’est même moi qui ai dit à l’équipe médicale : "j’imagine qu’on est rendu à parler du don d’organes?" », se rappelle Annie. 

Avec le soutien de l’équipe des soins intensifs pédiatriques et de Transplant Québec, le processus du don s’enclenche alors : les parents doivent remplir un long questionnaire sur l’état de santé de Charles-Olivier et sur ses habitudes de vie, puis ils doivent indiquer sur un autre formulaire quels organes leur fils souhaitait donner. 

Après les rituels de fin de vie préparés avec l’équipe des soins intensifs et les adieux faits avec la famille et les amis, Annie et Jean-Philippe choisissent de ne pas suivre leur fils dans les étapes suivantes. « On se voyait mal l’accompagner à l’hôpital, attendre, le regarder respirer en sachant qu’il n’est plus là, puis attendre encore, parce que c’est quand même long de trouver des receveurs compatibles et de tout organiser. C’est difficile l’attente, mais jamais nous n’avons pensé changer d’idée à cause de ça. Et chez Transplant Québec, on nous a répété souvent que, peu importe les choix qu’on faisait, on pouvait changer d’idée, on allait être écoutés, on allait être respectés. J’ai toujours senti que c’était nos décisions à nous. »

Quelques jours plus tard, lorsqu’est venu le temps de procéder au prélèvement des organes, la famille a été avisée. Et Charles-Olivier a sauvé la vie de cinq personnes en faisant don de ses organes.
 

Un don de vie… et de sens

Savoir que ces dons ont permis de prolonger la vie de purs inconnus a beaucoup aidé la famille à faire son deuil : « Au début surtout, ça a aidé à donner un sens à ce qui nous arrivait et à tout ce qu’on faisait. Je suis contente qu’on ait choisi de faire le don. Je n’ai jamais douté qu’on avait pris la bonne décision. »

Un an après le décès de Charles-Olivier, Annie a écrit une carte à chacun des cinq receveurs des organes de son fils. À ces cartes, transmises par l’intermédiaire de Transplant Québec afin de préserver l’anonymat, elle n’a reçu que deux réponses, mais qui lui ont fait du bien et l’ont aidée à « boucler une boucle ».

À la même époque, la famille a accepté d’être porte-étendard 2023 de la région de la Capitale-Nationale pour Chaîne de vie, un organisme qui se consacre à l’éducation des jeunes sur le don d’organes et de tissus. La famille de Charles-Olivier collabore toujours avec l’organisme.

Au cours de l’année 2025, Annie s’est impliquée comme patiente partenaire au CHU de Québec-Université Laval et a ainsi pu utiliser son expérience personnelle pour optimiser l’expérience des familles qui vivent de pareilles épreuves.

Et aujourd’hui, Annie est engagée comme patiente partenaire avec Transplant Québec. Ainsi, si des familles sont confrontées à la perte d’un enfant et font le choix du don d’organes, Annie pourra les écouter et leur offrir son soutien. « Je pourrai aussi échanger avec elles sur mon parcours pour qu’elles voient qu’il y a de la lumière au bout du tunnel. »
 

Un don de lumière

Annie a toujours voulu que Charles-Olivier brille. Comme elle le dit elle-même, il brille maintenant de la plus belle et noble manière qui soit par ses dons qui ont sauvé cinq personnes.

« C’est sa personnalité qui transparaît à travers ça, dit Annie. Charles-Olivier n’aurait pas voulu qu’on soit tristes, alors en le rendant lumineux, je n’ai pas le choix d’être lumineuse moi aussi. Il brille assez fort pour ça! »

 


Commentaires



 

Voir les commentaires (1)
29 avril 2026

Quelle histoire touchante et inspirante... Merci de l'avoir partagée. Ça fait réfléchir. Bonne continuité à la famille.

Par Nathalie




Dernière révision du contenu : le 20 avril 2026

Signaler une erreur ou émettre un commentaire