Une collaboration Québec-Maroc permet à nos chercheurs de percer un des mystères de la COVID-19



Grâce à une collaboration fructueuse avec des médecins du Maroc, les équipes des chercheurs Éric Boilard et Louis Flamand, de l’axe Maladies infectieuses et immunitaires, ont pu lever une partie du mystère entourant l’implication des plaquettes sanguines dans le processus d’inflammation de la COVID-19.  

Au printemps dernier, alors que le Québec n’avait que peu de cas de COVID-19 répertoriés, le Maroc affrontait déjà une première vague. Une équipe de médecins et de chercheurs y a constaté un phénomène de coagulation chez les patients les plus gravement atteints et cherchait des collaborateurs ayant une expertise complémentaire à la sienne. 

C’est à ce moment qu’entrent en jeu Éric Boilard, Louis Flamand et leurs équipes. Déjà habitués à étudier les phénomènes d’inflammation et disposant d’équipements à la fin pointe, ceux-ci venaient par ailleurs de recevoir du financement afin de développer un projet sur la COVID-19, mais n’avaient pas encore accès à des échantillons provenant de patients positifs. L’offre de collaboration avec des collègues du Maroc tombait donc à point!

Grâce aux échantillons sanguins de 125 patients marocains, nos chercheurs ont pu mieux comprendre le phénomène surnommé « tempête de cytokines ». Ils ont tout d’abord observé que le sang de gens atteints de la COVID-19 contenait un peu moins de plaquettes, signe que celles-ci sont activées par la maladie. De plus, ils ont constaté que les plaquettes des patients atteints de la COVID-19 exprimaient certaines cytokines, des molécules qui servent à moduler la réponse du système immunitaire en interagissant avec les cellules. 

« Dans le cas de la COVID-19, les plaquettes, influencées par les cytokines et leur tempête, sont hyperactivées et s’agglutinent, venant former des caillots sanguins en réaction au virus, explique Éric Boilard. Ce sont ces caillots qui, en bouchant les vaisseaux sanguins, causent d’importants dommages aux organes. »

Maintenant que cette partie du mystère entourant la COVID-19 est élucidée, Éric Boilard et Louis Flamand poursuivent leurs travaux afin de comprendre ce qui fait en sorte que les plaquettes se collent les unes aux autres, une réaction aussi observée avec la grippe H1N1. En inoculant des plaquettes sanguines avec le virus SARS-CoV-2, ils cherchent à déterminer le mécanisme d’action du virus sur ces dernières. Ultimement, leur objectif est de parvenir à bloquer cette interaction afin d’éviter la tempête de cytokines et ses conséquences néfastes.

Les résultats de leurs travaux sont publiés dans un article de Circulation Research. De plus, ces travaux sont mentionnés dans l'éditorial de la revue, et Éric Boilard a participé à une baladodiffusion dans lequel il explique plus en détails cette étude.

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Éric Boilard                                                                            Louis Flamand




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Dernière révision du contenu : le 9 novembre 2020

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