Recherche clinique : neuro-oncologie pédiatrique



Un trio tissé serré

 

Une hémato-oncologue pédiatrique, une assistante de recherche et un infirmier pivot en oncologie combattent ensemble, par les soins et par la recherche clinique, les tumeurs solides les plus fréquentes chez les enfants et adolescents : les tumeurs cérébrales. 

Pédiatre spécialisée en hémato-oncologie, puis en neuro-oncologie, la Dre Valérie Larouche œuvre au CHU de Québec-Université Laval (CHU) depuis 2006. Aujourd’hui, elle est responsable de la division de la neuro-oncologie pédiatrique, de la clinique de suivi à long terme ainsi que des patients atteints d’un syndrome prédisposant au cancer. 

Avec la coordonnatrice de recherche clinique Panagiota Giannakouros et l’infirmier pivot en oncologie William Le Gallou, ils unissent leurs compétences pour lutter contre les tumeurs cérébrales. Le fait que ces tumeurs possèdent également des taux de mortalité et de morbidité élevés motive d’autant plus le trio dans sa quête d’amélioration des traitements, de la qualité de vie des patients et de la prévention des cancers.

Développer la recherche clinique
La Dre Larouche, appuyée par ses deux alliés, participent actuellement à une bonne dizaine d’études sur les tumeurs cérébrales : certaines sont d’ordre clinique et visent l’amélioration des traitements, d’autres sont épidémiologiques et s’intéressent plus spécifiquement aux facteurs environnementaux ainsi qu’à la prévention, alors que les plus récentes se concentrent sur l’aspect de la qualité de vie des patients ayant survécu à une tumeur cérébrale. La Dre Larouche participe également à plusieurs études multicentriques, dont celles effectuées par le consortium Children’s Oncology Group, qui regroupe 240 institutions en oncologie pédiatrique, par le groupe Canadian Pediatric Brain Tumour Consortium ainsi que par le Consortium de neuro-oncologie québécois. Par ailleurs, la Dre Larouche fait régulièrement participer des résidents en pédiatrie ou des étudiants en médecine à ses projets de recherche. 

Parmi les domaines que la Dre Larouche affectionne particulièrement, il y a le développement de traitements spécialisés par la thérapie ciblée, notamment parce qu’ils permettent d’offrir des solutions plus efficaces aux patients. « Depuis 2018, je codirige l’essai clinique TRAM-01 qui est la première étude pancanadienne de thérapie ciblée pour les patients ayant un gliome de bas grade1, soit la tumeur cérébrale la plus fréquente chez l’enfant et l’adolescent. Cette étude clinique de phase 22 nous permet d’offrir une médication par voie orale qui est vraiment porteuse d’espoir, entre autres parce qu’elle donne une option de soins plus personnalisés comparativement à la chimiothérapie à large spectre », explique la Dre Larouche. En effet, la médication orale offre de nombreux avantages : elle est plus facile à recevoir pour l’enfant, elle est donnée à domicile par les parents et elle cible la tumeur plus précisément, en plus d’éviter l’installation d’un cathéter pour les soins de chimiothérapie intraveineuse ainsi que les visites à l’hôpital qui viennent avec. Bref, la qualité de vie des enfants et de leur famille s’en trouve concrètement améliorée. Les quelque 150 enfants recrutés pour cette étude à travers le pays reçoivent le traitement pendant 18 mois et sont suivis étroitement par l’équipe.

« Une autre des grandes études auxquelles nous avons participé et dont nous sommes fiers, notamment parce que c’était innovateur, portait sur le traitement par immunothérapie pour les tumeurs cérébrales pédiatriques réfractaires. En 2017, nous avons été le premier centre à ouvrir cette étude parmi les 50 autres qui l’ont ensuite fait. Nous avons offert à quelques patients ce nouveau traitement d’immunothérapie et nous sommes maintenant en attente des résultats qui en découlent », ajoute la Dre Larouche.

En parallèle des études d’ordre thérapeutique, l’équipe collabore aussi à des recherches sur la biologie moléculaire des tumeurs. Car pour élaborer des traitements plus efficaces, il faut d’abord comprendre la « signature de la tumeur ». Ainsi, si le patient et sa famille y consentent, les tissus retirés à la suite d’une biopsie ou d’une résection de tumeur sont envoyés pour analyse dans un laboratoire dédié faisant partie du consortium québécois en neuro-oncologie. 

L’aspect épidémiologique est l’un des autres domaines auxquels la Dre Larouche s’intéresse aussi. « Ces études permettent de mieux comprendre l’incidence des tumeurs cérébrales : est-ce qu’elle augmente dans certains sous-groupes de tumeurs ou est-ce qu’elle diminue? Est-ce que géographiquement certaines zones sont plus à risque que d’autres? Si nous arrivons à dégager des constats, peut-être comprendrons-nous mieux les causes et pourrons-nous un jour agir sur les facteurs environnementaux, donc agir en amont et améliorer la prévention. » Certains des projets menés dans ce domaine utilisent les données recensées dans le registre canadien des tumeurs pédiatriques Cancer in Young People in Canada (CYPC). Une publication récente concernant l’incidence des tumeurs cérébrales pédiatriques au Canada sur une période de 15 ans est d’ailleurs parue cette année. 

Enfin, la Dre Larouche se penche aussi sur la qualité de vie des enfants et de leur famille. En effet, puisque les tumeurs cérébrales peuvent causer de nombreuses séquelles, des questionnaires remplis par les parents, et également par les enfants s’ils sont assez âgés pour le faire, permettent de mieux comprendre leur réalité. De cette meilleure compréhension découleront éventuellement des améliorations dans les suivis et dans les traitements.

Les trois mousquetaires ont du soutien
Toutes ces études ne seraient pas possibles sans un travail d’équipe efficace et la complicité de ses membres. Mais tels les mousquetaires du roman d’Alexandre Dumas, notre trio est en réalité un quatuor, puisqu’il est appuyé par un grand réseau formé de collègues du CHU et d’autres centres.

Ainsi, l’équipe est toujours entourée d’intervenants du CHU aux compétences variées et complémentaires qui participent parfois aux études : « Un patient opéré ici va bénéficier d’un suivi offert par toute l’équipe interdisciplinaire en neuro-oncologie : ergothérapeute, physiothérapeute, nutritionniste, travailleuse sociale, psychologue, neuro-psychologue, éducatrice spécialisée, aide à divers niveaux provenant de Leucan… Éventuellement, nous aimerions ajouter un kinésiologue puisqu’il est prouvé que l’exercice améliore la santé physique et la cognition chez les survivants d’une tumeur cérébrale. Notre équipe interdisciplinaire est dynamique et dévouée auprès des familles. »

De plus, les cas complexes sont toujours discutés lors de réunions provinciales, qui réunissent des intervenants provenant d’autres centres d’oncologie pédiatrique ayant des spécialités diverses : pathologistes, neuro-chirurgiens, radiologistes, oncologues, etc. Toute la trajectoire de soins du patient est discutée et les décisions s’y prennent en groupe. « C’est rassurant pour les familles de savoir qu’il y a une réflexion commune et de sentir que nous faisons consensus sur le plan de traitement.» 

Un concentré d’espoir
Autant pour la Dre Larouche que pour Mme Giannakouros et M. Le Gallou, la recherche clinique est porteuse d’espoir à bien des égards. Parfois, elle permet d’offrir une autre option à un patient qui pensait les avoir toutes épuisées. D’autres études cherchent à diminuer la toxicité d’une thérapie, à déterminer une meilleure séquence dans l’ordre des traitements ou encore à en développer de plus efficaces et de moins invasifs. Dans tous les cas, la recherche clinique vise à améliorer la qualité de vie des patients et de leur famille.

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Panagiota Giannakouros, coordonnatrice de recherche clinique, Dre Valérie Larouche, neuro-oncologue pédiatrique, et William Le Gallou, infirmier pivot en oncologie.


Panagiota, assistante de recherche

« Le rôle de l’assistante de recherche est de s’assurer que le protocole est bien suivi quand un patient est enregistré à une étude et de rapporter toutes les données, tels les résultats d’examens et les effets secondaires. Cela demande beaucoup de rigueur et de minutie.  J'accompagne la Dre Larouche dans l'explication et les exigences du protocole aux patients et à leur famille. Nous devons être très transparentes avec eux : pour donner un consentement éclairé, ils doivent être avisés des avantages et des risques possibles. Pendant le traitement, j’accompagne les patients et je réponds à leurs questions. Point de vue formation, je possède une maîtrise en biologie cellulaire. J’ai commencé ma carrière en recherche fondamentale; puisque j’ai de l’expérience en laboratoire, je prépare aussi les échantillons de sang et d’urine pour le séquençage et les biobanques. Ce que j’aime particulièrement dans mon travail, ce sont les liens créés avec les familles et l’espoir qu’on peut leur apporter avec la recherche. » 
 

William, infirmier pivot en oncologie

« En tant qu’infirmier pivot en oncologie, j’ai un rôle d’évaluation, d’enseignement, de coordination intrahospitalière et aussi parfois interhospitalière, par exemple lorsqu’un patient doit recevoir un traitement dans un autre centre. Avec Panagiota, nous coordonnons les examens, les imageries, les prises de sang, etc. selon les exigences des protocoles. Je donne aussi des soins à la clinique ambulatoire. Point de vue recherche, je suis "la porte d’entrée" pour les familles qui sont de retour à la maison : en présence de symptômes, s’ils ont des questions, ils m’appellent et je peux faire le lien avec la Dre Larouche ou avec d’autres professionnels selon le besoin. Lors de mes stages pratiques, pendant mon baccalauréat en sciences infirmières, j’ai eu un coup de cœur pour le département d’oncologie pédiatrique et pour les liens que l’on peut créer avec les familles. Maintenant, ce qui me stimule le plus dans mon travail, c’est que grâce à la recherche et le développement des thérapies ciblées, nous pouvons offrir plus d’options aux patients. »


 

1.    Gliome de bas grade : « Les gliomes de bas grade (GBG) sont des tumeurs cérébrales qui touchent principalement les jeunes adultes. Ils se développent à un rythme plus lent et sont généralement associés à un pronostic favorable par rapport aux gliomes de haut grade. » Source : https://www.cochrane.org/fr/
2.    Les essais cliniques comportent habituellement trois phases. Phase 1 : traitement administré pour la première fois à des humains pour vérifier son innocuité et déterminer la dose optimale. Peu de participants. Phase 2 : vérification de l’efficacité d’un traitement selon une dose déterminée. Plus grand nombre de participants. Phase 3 : comparaison de l’efficacité du nouveau traitement avec celle du traitement habituel. Grand nombre de participants.

Photo Dre Larouche et enfant : Fondation du CHU de Québec.


10 mars 2021

bjr ,vous traitez aussi les enfants avec le retinoblastome ?bon courage

Par lucille Makombe
3 octobre 2020

Félicitations à une équipe passionnée et en mode solutions! Vos recherches permettront aux enfants malades et aux familles éprouvées d’accueillir leur réalité avec plus d’espoir et de résilience.

Un MERCI tout spécial à Dre Larouche!

Par Sonia Savoie
3 octobre 2020

Félicitations à une équipe passionnée et en mode solutions! Vos recherches permettront aux enfants malades et aux familles éprouvées d’accueillir leur réalité avec plus d’espoir et de résilience.

Un MERCI tout spécial à Dre Larouche!

Par Sonia Savoie
28 septembre 2020

Bravo à cette formidable équipe qui œuvre sans relâche au bien-être des enfants... et, bien sûr, de leurs parents. 👍

Par Lucie Plourde
28 septembre 2020

Félicitations Valérie et plus que trois fois BRAVO à vous trois pour ce magnifique travail d'équipe et de partage d'information. Vous allez à coup sûr repousser les limites des connaissances et ce au profit de la vie de celles et ceux qui vont, un jour, prendre la relève en ayant en tête votre incroyable influence sur votre entourage et plus encore. Continuez de "chuchotter" ainsi nous avons un grand besoin de gens comme vous. Vous ête magnifiques sur les photos. Gilles Hébert

Par Gilles Hébert
28 septembre 2020

Un bel exemple de synergie entre les membres d'une équipe de recherche dont les efforts, les succès et leur reconnaissance sont partagés ouvertement.
Bravo à toute l'équipe et, en particulier, au Dre Valérie Larouche dont on reconnaît bien l'engagement et l'humanisme.

Par Guy Rochon
28 septembre 2020

Félicitation Dre Valérie Larouche et l'équipe de mousquetaires pour votre travail et vos recherches qui donnent l'espoir aux pe***** malades!

Par Yvette Rochon
28 septembre 2020

Félicitations pour votre engagement et la force de votre approche holistique dans ces problématiques de santé complexes. Andrée Rochon

Par Andrée Rochon
28 septembre 2020

Continuez votre travail exemplaire, grâce à vous ,la médecine, la recherche et l’humanité avancent d’un grand pas Merci

Par Louise Rochon
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Dernière révision du contenu : le 23 décembre 2020

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