Formation en sécurité culturelle pour les infirmières de pédiatrie : un partenariat porteur de sens

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Le Programme promotion qualité vise à mettre en lumière les huit dimensions de la qualité et à faire rayonner les initiatives des intervenants du CHU de Québec-Université Laval (CHU) qui les incarnent. Ce mois-ci, nous soulignons la formation en sécurité culturelle qui entre dans la catégorie « Accent sur la population : travaillez avec moi et ma communauté pour prévoir nos besoins et y répondre ».

Par Marie-Eve Picard, agente de planification, programmation et recherche au CHU de Québec-Université Laval, et Marie-Eve Blackburn, infirmière doctorante en Sciences infirmières à l’Université du Québec en Outaouais, avec la collaboration d’Andrée Paul, navigatrice d’usagers autochtone au CHU de Québec-Université Laval.


En décembre dernier, les infirmières du Département de pédiatrie ont participé à une formation en sécurité culturelle particulièrement enrichissante. Celle-ci visait à développer des compétences en communication ainsi qu’à proposer diverses stratégies pour établir une relation de confiance avec les familles autochtones et renforcer la relation thérapeutique. 

La formation combinait mises en situation et scénarios cliniques (« vignettes ») construits à partir de témoignages de familles autochtones ayant vécu une hospitalisation à l’unité pédiatrique ainsi que d’expériences cliniques rapportées par les infirmières.

Cette initiative s’inscrit dans les travaux doctoraux de Marie‑Eve Blackburn, infirmière et doctorante en sciences infirmières à l’Université du Québec en Outaouais (UQO). Elle repose sur une démarche de co‑construction étroite avec le Centre d’amitié autochtone de Québec (CAAQ) et le CHU.

Afin d’assurer la justesse, la sensibilité et la pertinence du contenu, Mme Blackburn a mené plusieurs échanges avec des familles autochtones ayant reçu des soins au CHU ainsi qu’avec les équipes infirmières de pédiatrie. Ce dialogue constant entre savoirs expérientiels, culturels et cliniques a permis de concevoir une formation profondément ancrée dans la réalité des personnes concernées. Le contenu a également été co‑développé et validé par des personnes innues et wendates ainsi que par un spécialiste en éducation anichinabé.

L’approche mise de l’avant privilégie l’humilité culturelle et la réflexivité1 plutôt qu’un simple apprentissage de caractéristiques culturelles à maîtriser. Cette distinction est essentielle, car la sécurité culturelle est trop souvent confondue avec la compétence culturelle ou l’interculturalité, alors qu’elle renvoie à un cadre conceptuel distinct.

Au cours de la formation, les infirmières ont été invitées à réfléchir, à poser des questions et à partager leurs expériences dans un environnement d’apprentissage bienveillant et respectueux. 

Les échanges avec les deux formatrices — Marie‑Eve Blackburn et Sarah Vachon, Innue de Pessamit et coordonnatrice du programme jeunesse au CAAQ — ont été particulièrement riches. Ensemble, elles ont permis d’approfondir la compréhension des enjeux vécus par les familles autochtones et d’identifier des pistes concrètes pour soutenir les pratiques cliniques et offrir une expérience de soins mieux adaptée.

La présence d’Andrée Paul, navigatrice d’usagers autochtones au CHU, a également apporté un éclairage précieux. Son expertise sur les trajectoires de soins des familles a favorisé une compréhension plus fine des obstacles rencontrés et des leviers d’amélioration.

La formation s’est conclue sur un moment empreint d’émotion : l’interprétation d’un chant traditionnel autochtone accompagné du teueikaniss, tambour traditionnel innu, par Sarah Vachon. Ce geste, ancré dans une démarche de co‑construction authentique, a rappelé l’importance du respect, de l’écoute et du dialogue au cœur de toute relation de soins.

Offerte en format hybride, la formation a été offerte à 15 soignantes. Les rétroactions recueillies indiquent que l’analyse des scénarios cliniques et les discussions guidées ont soutenu l’identification de stratégies concrètes et transférables dans la pratique. 

Les suites du projet demeurent à préciser et seront confirmées avec les responsables des organisations partenaires, notamment en ce qui concerne un potentiel déploiement élargi, l’adaptation à d’autres milieux et le suivi des retombées.

Par cette initiative, le CHU réaffirme son engagement envers des pratiques culturellement sécurisantes, ancrées dans le partenariat, le respect et la collaboration avec les communautés autochtones qu’il accompagne.
 

Note
1.    Réflexivité : démarche qui vise à tirer des apprentissages d’un regard critique posé sur ses croyances et ses actions.

 


Photo principale : de droite à gauche : Marie-Eve Blackburn, infirmière doctorante en Sciences infirmières à l’Université du Québec en Outaouais, Sarah Vachon, coordonnatrice du programme jeunesse au Centre d’amitié autochtone de Québec, et Andrée Paul, navigatrice d’usagers autochtone au CHU de Québec-Université Laval. À droite : le visuel de la formation donnée aux infirmières de pédiatrie du CHU de Québec-Université Laval.

 


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Dernière révision du contenu : le 9 mars 2026

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