L’abc des tests COVID



Prélèvement nasopharyngé ou par gargarisme, échantillon de salive, test rapide, conventionnel ou sérologique : toutes sortes de termes et de choses circulent à propos des tests de COVID-19. Essayons de nous y retrouver.

Il existe deux grands types de tests utilisés « de routine » : ceux qui détectent directement un virus (ou une partie de celui-ci) et ceux qui repèrent les anticorps qui sont produits en réaction à ce virus. 

Le premier type se divise lui-même en deux catégories : les tests de biologie moléculaire et les tests antigéniques. 

Le deuxième type de test est appelé « sérologique ».
 
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Voyons voir…

Les tests de biologie moléculaire 

Aussi appelés « tests PCR » (de l’anglais Polymerase Chain Reaction, « réaction en chaîne de la polymérase ») ou tests « TAAN » (pour « test d’amplification des acides nucléiques »), les tests de biologie moléculaire visent à détecter le matériel génétique du virus lui-même. 

Ils demandent habituellement plus de temps et de matériel (notamment un laboratoire…), mais ils sont très précis. 

Jusqu’à maintenant, ce sont ceux qui sont majoritairement utilisés au CHU à partir de prélèvements nasopharyngés ou d’échantillons recueillis par gargarisme. Ces tests peuvent aussi fonctionner avec des prélèvements de salive, mais ils sont rarement utilisés, car ils sont plus difficiles à réaliser et n’ont pas été validés sur tous les appareils d’analyse. 

Les tests antigéniques 

Les tests antigéniques identifient les protéines virales, c’est-à-dire les protéines exprimées par le virus à la suite de la multiplication de son matériel génétique (la « réplication »). C’est le principe utilisé pour les tests de grossesse.

Ils sont plus rapides à effectuer, mais moins sensibles, puisque le virus doit avoir eu le temps de se répliquer à plusieurs reprises pour qu’il puisse être repéré. Un résultat négatif doit donc habituellement être confirmé par un test de biologie moléculaire. « De plus, ces analyses peuvent être moins spécifiques, puisque certains virus peuvent partager des protéines et celles-ci pourraient être détectées par le test antigénique. Également, des débris (saletés, poussières…) peuvent rendre l’interprétation de l’analyse difficile », explique la Dre Julie Bestman-Smith, microbiologiste infectiologue au CHU. 
Les tests antigéniques ne sont pas utilisés au CHU ni dans la plupart des hôpitaux pour différentes raisons techniques, pratiques et matérielles.

Les tests rapides

Des tests rapides existent dans la catégorie des tests de biologie moléculaire ainsi que dans celle des tests antigéniques.

Du côté des tests de biologie moléculaire rapides, on entend par exemple beaucoup parler du test ID NOW qui permet d’obtenir un résultat en seulement 15 minutes. Cependant, il est moins sensible que les tests conventionnels, notamment chez des personnes sans symptômes. 

De plus, ID NOW ne permet d’analyser qu’un seul test à la fois, ce qui est loin d’être optimal dans un contexte hospitalier, sans compter que le matériel requis est en tous points différent et exigerait une organisation complexe. Ainsi, ce sont les tests conventionnels qui sont privilégiés dans les milieux hospitaliers, car ils permettent d’obtenir les résultats pour une plus grande quantité de prélèvements en une seule analyse. Par exemple, le Simplexa analyse huit échantillons en 80 minutes, tandis que les robots traitent près d’une centaine de prélèvements en trois à six heures.

Les tests sérologiques 

Les tests sérologiques ne cherchent pas à détecter le virus lui-même, mais plutôt ses marqueurs sérologiques, c’est-à-dire la réponse immunitaire produite par le corps face à ce virus. Habituellement, on les réalise en mesurant la quantité d’anticorps dans le sang.

Ils sont rapides, faciles à réaliser, et peu coûteux. Ils déterminent si une personne a été infectée par le virus, récemment ou dans le passé. « De concert avec le Laboratoire de santé publique du Québec et d’autres hôpitaux, le CHU a participé à la validation des trousses de tests sérologiques candidates qui pourraient être utilisées de routine dans les hôpitaux de la province. Le Dre Joël Girouard, médecin biochimiste au CHU, a coordonné le tout avec l’aide des gens du CHUL, dont Lucie Forgues et Matthew Belaski, des gens de HEJ, dont Éric Perron-Malenfant, des gens de HSS, dont Sophie Husson-Lajoie. Ce test sera accessible dans les hôpitaux du CHU de Québec, dès le début février, mais il ne sera fait que pour certaines indications précises », conclut le Dr Vilayvong Loungnarath, médecin spécialisé en microbiologie médicale au CHU.


Pour en savoir plus sur les tests PCR, nous vous proposons cet article de Jean-François Cliche paru dans Le Soleil du 28 janvier 2021.




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Dernière révision du contenu : le 8 février 2021

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