Infirmière : une vocation intergénérationnelle de mère en filles



Ma mère a commencé à travailler à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus en 1988 comme infirmière spécialisée en neurologie. Je me souviens qu’elle nous racontait des histoires à propos de ses collègues et nous trouvions que ça semblait être une très belle équipe de travail. Elle nous parlait des pathologies en sciences neurologiques et ça nous passionnait, ma sœur et moi. C’est ainsi que je me suis retrouvée à suivre les traces de ma mère et que j’ai commencé en 1996 mon stage en soins infirmiers, puis que j’ai obtenu un poste, à mon tour, sur la même unité en neurologie en 2000.

Ma sœur jumelle, tout aussi fascinée que moi par les histoires de ma mère et par celles de mon stage, a décidé de mettre fin à ses études en sciences humaines pour se réorienter. En 2002, elle a commencé sa carrière à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus, où elle pratique toujours en clinique externe comme infirmière spécialisée en neurologie.

Ma mère nous a tracé la voie. À l’époque, ses collègues de l’hôpital la surnommaient « garde sourire » tant elle riait toujours de bon cœur et semait la joie autour d’elle. Avant qu’elle ne prenne sa retraite en 1997, je me souviens qu’elle m’a présentée à eux alors que j’étais en stage et, dès cet instant, cette équipe m’a prise sous son aile et m’a transmis, à leur tour, son amour du métier. Ils m’ont tant appris!

Cette passion qui m’animait, je l’ai transmise à ma sœur jumelle, qui a suivi mes traces et celles de ma mère avant moi, en acceptant un poste sur l’unité des sciences neurologiques. Être infirmière nécessite d’être calme, douce, attentionnée, patiente et chaleureuse pour aider les gens et leur famille à traverser leur épisode de soins. Et toutes ces qualités, ma mère nous les a transmises et ça n’a pas changé avec les années. 

Pour la petite histoire : ma sœur et moi avons travaillé ensemble de façon régulière durant plusieurs années. Puisque nous sommes jumelles, il était très important pour nous de faire une tournée de l’unité toutes les deux durant la journée, vêtues chacune d’un uniforme de couleur différente, puisque nos patients devenaient… confus! Lorsqu’on faisait la tournée ensemble, ils nous regardaient un instant, puis faisaient le lien : ça les rassurait énormément. Nous en avons agacé plusieurs avec ça! 

Aujourd’hui, je suis enseignante en soins infirmiers au Cégep de Limoilou. Je trouve gratifiant de dire à mes étudiantes et à mes étudiants que ma mère, ma sœur et l'une de mes nièces sont infirmières comme moi. Je leur explique que c’est une affaire de famille et qu’on se transmet cette passion de mère en filles. 

Devenir infirmière est un privilège, car c’est l’une des plus belles professions qui existent. Le programme de soins infirmiers permet de développer l’autonomie personnelle et professionnelle, le jugement clinique et le leadership. Tellement que lorsque nous rencontrons des parents de finissants lors de la cérémonie de la remise des diplômes, nous recevons ce commentaire chaque fois : « Wow! Vous avez positivement transformé notre enfant! ». Ils trouvent que ce dernier est plus humain, plus serviable, attentionné, à l’écoute des autres, etc. 

Je n’oublie jamais de mentionner à mes étudiants qu’à mon avis, le milieu hospitalier est le meilleur endroit où commencer sa carrière et où devenir d’excellentes et d’excellents infirmières et infirmiers. On y apprend beaucoup et on y développe de nombreuses compétences dans les champs de pratique et les cas y sont diversifiés. C’est aussi là qu’on développe son jugement clinique et son sixième sens, ces aptitudes qui nous permettent d’anticiper et de prévenir toute complication. Je leur fais part aussi du sentiment de gratitude que ce métier peut apporter, par exemple lorsqu’un usager arrivé mal en point nous quitte le sourire aux lèvres, nous remerciant pour tout ce que l’on a fait pour l’aider. C’est un grand privilège d’accompagner ces personnes dans de grandes épreuves comme celles-ci.

C’est ce que je répète souvent à ma nièce, qui se trouve à être la fille de ma sœur jumelle, inscrite récemment à son tour au Cégep comme future infirmière. La transmission générationnelle de notre vocation se poursuit dans notre belle famille et j’espère que ma nièce travaillera un jour, elle aussi, à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus! 

Isabelle Desbiens, enseignante en soins infirmiers, Cégep de Limoilou
 

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Sur la photo, de gauche à droite : Isabelle, Lise et Josée Desbiens.




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