Prédire et prévenir la transition vers la douleur abdominale chronique

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Nous vous présentons le portrait de recherche de Manon Defaye, professeure adjointe à la Faculté de médecine de l’Université Laval et chercheuse au sein de l’axe Neurosciences du Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval.

La professeure Defaye s’est jointe à notre centre de recherche à l’automne dernier et vient renforcer notre expertise en neurogastroentérologie. La neurogastroentérologie est une branche de la médecine qui étudie les liens entre le système nerveux et le système digestif.

« Je m’intéresse à la douleur abdominale, en particulier à la douleur abdominale chronique dans le cadre des maladies inflammatoires de l’intestin. Mon objectif est de comprendre pourquoi une douleur aiguë, présente en phase inflammatoire, devient chronique en phase non inflammatoire », explique-t-elle.

La douleur abdominale, aussi connue sous le nom de « douleur viscérale », désigne une douleur provenant des organes du système digestif. Dans certains cas chroniques, elle peut persister même après la disparition de l’inflammation.

Elle est fréquemment associée à des maladies inflammatoires et représente un important défi en santé, tant par son impact sur la qualité de vie que par la complexité de sa prise en charge. Le traitement repose encore aujourd’hui largement sur les opiacés, malgré leurs effets secondaires potentiellement néfastes sur la santé.

« Nous utilisons les opiacés depuis des décennies, voire des centaines d’années, pour traiter la douleur. Le problème, ce sont les conséquences : la dépendance, bien sûr, et le fait qu’il faut augmenter les doses chaque fois. Pour la douleur abdominale, les opiacés perturbent aussi le transit intestinal, ce qui est loin d’être idéal pour ces patients », ajoute la professeure Defaye.

À travers ses travaux, la professeure Defaye souhaite donc améliorer la prise en charge des personnes souffrant de douleur abdominale chronique, mais aussi anticiper et prévenir son apparition. 

Son approche repose sur l’identification de marqueurs biologiques durant les phases inflammatoires des maladies intestinales. Ces marqueurs permettraient de prédire quels patients, une fois en rémission, sont prédisposés à développer une douleur persistante.

En plus de la recherche fondamentale, la professeure Defaye mise sur une approche translationnelle pour rapprocher ses découvertes du patient.

« Je commence également à créer une cohorte de patients ici, en collaboration avec un pédiatre en gastroentérologie au CHU de Québec-Université Laval. L’objectif est de comprendre pourquoi la douleur se manifeste aussi chez les enfants, sachant que cette période est cruciale pour le développement du système nerveux », souligne-t-elle.
 

Avoir la recherche… dans les tripes!

Avant d’accepter un poste de professeure adjointe et de chercheuse à Québec, la professeure Defaye a d’abord poursuivi un parcours universitaire en France, avec une maîtrise à l’Université Toulouse III — Paul‑Sabatier et un doctorat à l’Université Clermont Auvergne.

« En deuxième année de maîtrise, j’ai rejoint un laboratoire à Toulouse spécialisé dans les maladies inflammatoires de l’intestin. Mon stage portait sur les effets anti‑inflammatoires des leucocytes, mais une partie des travaux du laboratoire concernait la douleur abdominale. C’est là que j’ai commencé à m’intéresser à ce domaine, et cela ne m’a jamais quittée », souligne-t-elle.

Cette même passion a animé la professeure Defaye pedant un stage postdoctoral réalisé à l’Université de Calgary de 2019 à 2025 et lors duquel elle a travaillé sur la douleur chronique liée aux maladies inflammatoires de l’intestin.

À son arrivée à Québec, la professeure Defaye a rapidement senti qu’elle avait trouvé un milieu aligné avec ses intérêts scientifiques et sa vision de la recherche.

« Après mes démarches, j’ai visité le centre de recherche et j’y ai trouvé des gens très accueillants! Ce qui m’a particulièrement plu, c’est qu’il n’y avait aucun chevauchement entre leurs travaux et les miens. Cela me permet de rayonner comme chercheuse indépendante tout en bénéficiant d’expertises complémentaires », ajoute la professeure Defaye.

Nous lui souhaitons donc la bienvenue et avons très hâte de suivre l’évolution de ses travaux dans notre communauté scientifique!
 


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Dernière révision du contenu : le 9 février 2026

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