Chaque année, en février, on célèbre le Mois de la psychologie pour souligner les contributions des psychologues et expliquer comment la psychologie aide les gens à vivre une vie saine et heureuse. Voici les témoignages d’une psychologue et d’une neuropsychologue qui expriment une même passion, soit celle de faire une différence dans le parcours d’un usager au CHU de Québec-Université Laval (CHU).
Quand les mots apaisent
Témoignage de Jennifer Hains, psychologue, équipe d’oncologie psychosociale et spirituelle
À l’occasion du Mois de la psychologie, il est essentiel de rappeler l’importance de la santé psychologique dans le parcours de soins, particulièrement en oncologie. Derrière chaque diagnostic de cancer se trouve une personne confrontée à des bouleversements profonds, souvent invisibles. Les psychologues en oncologie jouent un rôle clé pour accompagner les patients à travers cette épreuve.
Une tempête émotionnelle unique à chaque usager
Pour plusieurs usagers, le cancer vient avec une montagne russe d’émotions. Certains seront sous le choc, terrifiés à l’idée de souffrir ou de mourir. Certains seront en colère, abasourdis, confus. D’autres seront attristés par les pertes qui viennent avec la maladie.
Chacun le vit à sa façon, à la lumière de sa personnalité, de ses expériences de vie et des impacts de la maladie sur sa vie.
Mettre des mots sur la souffrance pour mieux la traverser
À défaut de pouvoir enlever leur souffrance, les psychologues en oncologie aident les usagers à nommer cette souffrance, à l’apprivoiser, à la valider et à en réduire l’intensité et les conséquences sur leur vie.
C’est souvent une étape cruciale pour digérer les événements et cheminer dans l’adaptation à la maladie. Les usagers nous disent souvent que nous les aidons à normaliser ce qu’ils vivent, dans des moments où ils se sentent parfois anormaux ou faibles de réagir comme ils réagissent.
Soutenir dans les décisions de soins
Les psychologues accompagnent également les usagers dans la prise de décisions de soins éclairées, conformes à leurs valeurs et à leurs priorités.
Mieux communiquer avec ses proches et son équipe de soins
Les psychologues aident les usagers à mieux comprendre la maladie et ce qu’elle représente pour eux, à préciser les questions importantes et à préparer leurs suivis médicaux.
Ils soutiennent aussi les usagers dans la communication avec leurs proches afin d’aller chercher le soutien dont ils ont besoin.
Composer avec les pertes, les changements et les deuils
Les psychologues en oncologie accompagnent les usagers dans l’apprivoisement des changements corporels et dans leurs deuils, tout en identifiant ce que leur corps leur permet encore de faire, ainsi que les projets et activités qui demeurent possibles.
Vivre avec l’incertitude
S’il est impossible d’enlever complètement l’anxiété liée à l’attente, au flou et à l’incertitude, les psychologues peuvent aider les usagers à composer avec cette réalité le mieux possible.
Cela passe par l’ajustement du discours intérieur, le dosage de l’information, le maintien de projets, peu importe le pronostic, et la prévention de l’hypervigilance, de la réassurance ou du contrôle excessif.
La force du groupe : ne pas rester seul face à la maladie
Les psychologues en oncologie proposent également des interventions de groupe portant sur la peur de la récidive et la gestion des symptômes dépressifs liés au cancer.
Ces groupes offrent des outils concrets, mais surtout, ils permettent aux usagers de constater qu’ils ne sont pas seuls et de s’inspirer des stratégies d’adaptation des autres.
Un maillon essentiel au cœur de l’équipe interdisciplinaire
Enfin, les psychologues collaborent étroitement avec les professionnels qui entourent l’usager afin que chacun comprenne bien sa situation et ses besoins.
Leurs interventions contribuent parfois à ajuster la façon de transmettre l’information à l’usager, à mieux comprendre ses réactions et à s’assurer que ses décisions sont réellement éclairées.
La neuropsychologie, un domaine stimulant et passionnant!

Témoignage de Geneviève Thibaudeau, neuropsychologue, Hôpital de l’Enfant-Jésus
La neuropsychologie est une science se situant au croisement de la neurologie et de la psychologie; elle étudie la relation entre le cerveau et le comportement humain (www.aqnp.ca).
Au Québec, nous sommes près de 1 200 neuropsychologues qui travaillons majoritairement au sein du réseau public. C’est au terme d’un parcours doctoral en psychologie, avec une concentration en neuropsychologie, que nous pouvons exercer cette discipline passionnante.
Nos clientèles peuvent être des tout-petits, des enfants d’âge scolaire, des ados, des adultes et des personnes âgées. De plus, notre pratique est très diversifiée selon l’âge de notre clientèle. Pour chacun des stades de la vie, le nombre de motifs pour une consultation en neuropsychologie est exponentiel considérant l’existence de plusieurs conditions de santé, physiques et psychologiques, qui peuvent s’accompagner de difficultés cognitives.
Au CHU, nous sommes une quinzaine de neuropsychologues qui avons développé plusieurs expertises dont voici quelques exemples.
En collaboration avec les médecins spécialisés, notamment en neurologie et en neurochirurgie, nous évaluons l’éligibilité à une chirurgie pour améliorer le traitement de conditions neurologiques, comme l’épilepsie, et ce, autant auprès d’un enfant que d’un adulte.
Nous sommes aussi présent(e)s pour préciser la nature et la sévérité de troubles cognitifs dans le but de déterminer quelle est la maladie neurodégénérative ou quel est le trouble neurodéveloppemental qui explique le tableau clinique.
Par ailleurs, peu importe sur quelle unité se trouve un usager qui est hospitalisé dans notre établissement, il a droit de bénéficier d’une consultation en neuropsychologie.
Le ou la neuropsychologue n’est pas uniquement une personne administrant des épreuves psychométriques pendant de nombreuses heures pour rédiger de très longs rapports. Malheureusement, cette fausse croyance est une conception erronée de notre travail. Bien que l’évaluation fasse partie de ce dernier, il ne s’agit que d’une portion de la prise en charge.
Notre force en neuropsychologie réside dans notre capacité à formuler une bonne compréhension globale de l’usager, fondée sur ses forces et faiblesses cognitives aux épreuves neuropsychologiques, et ce, en tenant compte de diverses sphères de sa vie (personnelle, professionnelle, psychologique, académique, etc.), en plus d’intégrer tous ses antécédents médicaux.
Ce profil de forces et faiblesses est bénéfique à l’usager pour optimiser son adaptation aux changements et défis rencontrés, de même qu’aux équipes traitantes, puisque les neuropsychologues aident, ainsi, à préciser le diagnostic et à optimiser le traitement.
En espérant vous avoir informé un peu plus sur la neuropsychologie, n’hésitez pas à contacter un membre de la grande équipe de neuropsychologues du CHU si vous avez des questions!
Ces deux témoignages mettent en lumière la richesse et la profondeur du travail accompli chaque jour par les 22 psychologues et neuropsychologues du CHU.
Qu’il s’agisse d’accompagner une personne touchée par une maladie ou une blessure dans la tempête émotionnelle qui bouleverse sa vie ou de comprendre avec rigueur et humanité le fonctionnement cognitif d’un usager pour mieux orienter ses soins, ces professionnel(le)s jouent un rôle essentiel au cœur du parcours hospitalier.
À travers leurs expertises variées, leurs interventions sensibles et leur engagement envers le mieux-être des usagers, ils contribuent à humaniser les soins, à éclairer les décisions cliniques et à soutenir les patients — et leurs proches — dans des moments souvent parmi les plus difficiles de leur vie.
En ce Mois de la psychologie, nous saluons leur passion, leur compétence et leur dévouement. Leur présence au CHU demeure un pilier indispensable d’une approche de soins complète, respectueuse et profondément humaine.




Photo principale : Les psychologues et neuropsychologues du CHUL. À l’arrière : Annie Rousseau, Annie Fraser, Marie-Pier B. Tremblay, Laurence Jean-Gagnon, Stéphanie Tremblay, Adéline Nolin, Elliot Gagner, Marilène Barré. À l’avant : Pascale Croteau, Élyse Limoges, Anne Ostiguy, Eugénie Simard, Marie-Ève Routhier, Edith Cantin, Chantal Boisvert.