Une toute nouvelle attelle utilisée en orthopédie pédiatrique a récemment fait son apparition au Centre mère-enfant Soleil (CMES) du CHU de Québec-Université Laval. Remplaçant l’encombrant et incommode plâtre SPICA, l’attelle DF2 fait la différence dans la convalescence des enfants victimes de fractures au bas du corps, comme Arthur, 3 ans.
En août 2025, Arthur jouait dehors lorsqu’un accident bête lui a valu une fracture du fémur et une visite d’urgence au CMES.
Alors que sa mère Rosemary Roy-Poulin attendait avec lui à l’urgence, plusieurs scénarios lui sont passés par la tête. « J’ai regardé sur internet les plâtres appliqués aux enfants lors d’une fracture au fémur (à ce moment, je m’imaginais un plâtre couvrant seulement la jambe fracturée). J’ai eu le cœur en mille miettes lorsque j’ai vu des images d’enfants dans le plâtre SPICA. J’étais tellement triste pour mon petit garçon avec l’idée de l’immobiliser dans ce type de plâtre. Alors j’ai été énormément enthousiaste quand j’ai appris l’existence de la DF2 », explique-t-elle.
Le plâtre SPICA, utilisé en pédiatrie, est un gros plâtre qui tient la hanche et la jambe en place pour aider à bien guérir après une blessure ou une opération. Il est connu pour limiter l’autonomie des patients qui doivent le porter pendant une assez longue période.
Il nécessite une anesthésie générale pour l’installation ainsi qu’une assez longue période d’hospitalisation. De plus, aucun bain n’est possible pendant le port du plâtre et les bancs d’auto ne sont habituellement pas adaptés à cet ajout.
C’est donc un gros casse-tête pour les parents qui doivent non seulement garder leur enfant énergique immobilisé, mais qui ont à composer avec des limitations assez importantes pour les déplacements.

Les avantages de la DF2
L’attelle DF2 est utilisée depuis peu au CMES, et est encore peu utilisée par les autres centres hospitaliers pédiatriques de la province. Initiative de l’équipe d’orthopédistes pédiatriques du CMES, le projet a été financé par la Fondation du CHU de Québec et la Fondation Enfant Soleil.
Son utilisation vient contrer plusieurs des désavantages du plâtre SPICA : l’installation est réalisée sous sédation consciente, la durée d’hospitalisation est généralement de moins de 24 heures, l’hygiène complète est possible et les parents sont autonomes pour le transport dans 80 % des cas.
De plus, contrairement au plâtre SPICA qui nécessite une immobilisation complète pendant huit semaines, l’attelle FD2 permet de mettre du poids sur la jambe (mise en charge) et une reprise graduelle de la marche (mobilisation partielle) après environ trois semaines.

« Je ne suis pas en mesure de comparer le SPICA et l’attelle, cependant sans aucun doute la DF2 a été un avantage dans notre situation. Nous l’appelons la jambe de robot; Arthur la trouvait cool! », affirme sa maman.
Arthur a porté son attelle pendant six semaines. Ses parents ont tout de même dû faire des adaptations à leur mode de vie pendant et même après le traitement. « Les deux premières semaines, il a été principalement dans la position semi-couchée. Cependant, au fil des semaines, il a été de plus en plus à l’aise et les positions et les manipulations ont évolué », explique Mme Roy-Poulin.
« Pour les activités quotidiennes, je devais penser à faire mes commissions à des endroits où il y avait des paniers (par exemple à l’épicerie) suffisamment grands pour qu’il s’assoie directement dedans. J’ai également acheté un chariot comme ceux que l’on utilise pour aller à la plage. Ce chariot a été le premier moyen de déplacement pour Arthur, car il était confortable dans la position semi-couchée, c’était facile à traîner et on ajustait sa position à l’aide de coussins », ajoute-t-elle.
Et il y a également eu une plus longue période d’adaptation qu’elle ne le croyait au moment de retirer l’attelle, puisqu’Arthur avait extrêmement peur de se blesser à nouveau et n’a fait ses premiers pas que trois semaines après le retrait. « Nous avons dû faire preuve de beaucoup d’imagination, par exemple pousser dans mes mains avec ses pieds ou s’assoir sur une petite chaise et mettre ses pieds sur des petites affiches avec des animaux en lui demandant de mettre son pied droit sur un animal en particulier pour le désensibiliser à mettre son pied par terre. »
Aujourd’hui, Arthur est revenu à son rythme de vie et à ses habitudes normales. Malgré l’épreuve qu’il a vécue, sa maman est très reconnaissante des soins reçus.
« Je remercie profondément chaque membre de l’équipe du CHUL-CMES. Lors de notre retour à la maison, même si nous étions les premiers dans le secteur avec cette attelle, le personnel a pris le temps de me mettre en confiance et de me donner les outils nécessaires pour que ce soit une réussite. »

Photos en entête : Avec son attelle, Arthur a pu vaquer à ses occupations habituelles, avec quelques petites modifications, au grand soulagement de ses parents.